LIVRE III, DOCUMENT CCXLI
les difficultés et toutes les luttes de tous les siècles; catholiques romaÎDS enfin ! Et cela ne nous empêchera pas le moins du monde de rester fort bons Français.
Daigne le Seigneur, mon cher Directeur, répandre ses bénédictions sur vous et vos collaborateurs, sur Tœuvre que vous entreprenez, sur tous ceux qui vous liront, et sur tous les fidèles de ce cher diocèse, à quelque opinion qu'ils se soient jusqu'à ce jour, avec plus ou moins de sagesse chrétienne, laissés aller !
Tout à vous et à tous, en Notre-Seigneur.
f Casimir, Évêque de Laval.
(6 octobre 1869)
Mgr Maret envoie au directeur de VUnivert^ pourquoi la publie dans ce journal,
sa réponse à Mgr Pie.
Paris, le 6 octobre 1869.
Monsieur le Rédacteur,
Vous avez publié, dans votre numéro du 4 octobre, le discours prononcé par Mgr TÉvêque de Poitiers, le 28 septembre, au sujet de mon livre.
Je viens vous demander d'insérer au plus tôt, dans votre journal et daus vos deux éditions, s'il y a lieu, ma réponse au discours du vénérable Prélat.
J'attends cette insertion de votre justice.
Il est d'autres manifestes auxquels un Évêque, qui a le sentiment de sa dignité et qui est fort du témoignage de sa conscience, ne répond que par le silence.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Rédacteur, votre serviteur très humble.
f H. L. C, Évêque de Sur a.
reproches de l'Évéque de Poitiers ne sont pas Tondes. L'auteur malnlient et explique tout ce qu'il a écrit : i" sur l'origine de la juridiction épiKC(>palc; a» sur l'exercice de la judicature fpiBcopale; '.i' sur la nécessité du • concours • et de ' l'assentiment > de l'I^piscopat pour l'infaillibilité des jugpmenls pontificaux ex i^lhedra; *» sur les expressions très justement employées par lui d'inràillibitité » absolue, séparée, personnelle >, ces mots ou leurs analogues se trouvant dans tous les théologiens, dans tous les canouistes: [!° cdIid sur sa proposition de rendre périodiques les Conciles œcuméniques. Tant que c*s < grandes thèses • n'auront pas été réfutées, son livre restera dcbouL
Paris, le 5 octobre 1869.
Moaseigneur,
Par une lettre du 2 octobre, Votre Grandeur me fait l'honneur de me prévenir qu'elle a cru devoir communiquer à son clergé ses impressions sur mon livre et les rendre publiques. Ce procédé, Monseigneur, de m'annoncer vous-même celle (léterminalion, est digne de votre courtoisie, et je vous en remercie.
Mais la publicité donnée à votre homélie m'impose un devoir, et vous ne trouverez pas mauvais que je vous fasse part aussi de mes impressions.
Quand je me suis décidé à publier mon livre, j'ai prévu qu'il susciterait des controverses, et je m'étais proposé de ne répondre aux critiques qui pourraient m'être adressées qu'après qu'elles se seraient toutes produites. Il me semblait que l'élucidation parfaite des questions agitées ne pouvait que gagner ù cette marche ; mais l'éclat et le retentissement de votre parole ne me permettent pas de garder le silence : je dois donc faire une exception à la règle que je m'étais imposée. Mes réponses seront aussi courtes que possible.
I. Votre première critique porte sur la manière dont j'ai présenté l'origine delà juridiction épiscopale. Avec l'antiquité, je l'ai rapportée immédiatement à No tre-Seigneur Jésus-Christ
i l'illustre Thomassin et à sa om incohérentes et gratuites, irir mtx misérables subtilités é, dis-je, une preuve de celle lats primitifs.
ses apostoliques des métroangage du Concile de Nicée, , à l'égard d'une des métroncipe. On respectait en elles hait leurs Évèques immédia-
:8t invariable. Si l'épiscopat it immédiatement de notre Sa vraie source, sa source me, Cette divine et glorieuse ubordination des Évêques à rois l'avoir établi solidement, « Nulle institution canonique yennant son assentiment. »
nation des Ëvêques que les as par eux-mêmes, soit direcjparlieut de droit divin, et il qui n'ait été accepté expres- . 11 Je regrette. Monseigneur, ïter cette phrase. 11 est vrai i peine, un peu stérile, que ie critiquer une opinion qui
inseigneur, pour ignorer que remeni à^opinion sans comis- 1 canonique comme une conn épiscopale, mais non pas par les plus graves autorités; 'S par M. le Cardinal Gousset
tligieute, l. II, p. fis.
lui-même. Il vous plaît de ne voir dans cette question qu'une querelle de mots. Tel n'était pas le sentiment des Pères de ' Trente; tout le monde sait avec quelle ardeur l'origine immédiatement divine de l'épiscopat fut défendue dans ce Concile par un grand nombre d'Lvêques.
II. Vos secondes observations ont pour objet l'exercice de la juJicature épîscopale. Vous reconnaissez que le droit de l'Evêque adjuger des choses de la foi et de la morale est placé en dehors et au-dessus de toute controverse ; et vous affirmez avec raison que l'exercice de ce droit doit se concilier avec la suprématie pontificale.
Il est évident que le juge subordonné ne perd pas sa qualité de juge. Il est exposé seulement à voir ses jugements cassés par un tribunal supérieur. Là n'est pas la question.
Il est reconnu par tous, comme vous le dites, Monseigneur, que les Evèques dispersés sur leurs sièges font office de juge en première instance, quand ils parlent avant le Pape. Il est reconnu également, et je continue à me servir de vos paroles, que le jugement des Ëvêques assemblés en Concile sous l'autorité du Chef de l'Église, qui a soumis une question à leur examen et à leur délibération, est un jugement souverain et irréfragable, dès qu'il est accepté du Pontife romain.
Toute la question se concentre sur les constitutions des Pontifes romains rendues avant le Concile et en dehors de lui, quand ces constitutions, n'étant pas encore règle absolue de foi, viennent à l'examen du Concile.
Avec des autorités fort respectables, vous réduisez, dans ce cas, l'exercice de la judicature des Évèques à un jugement d^'adhésion, même motivé et raisonné^ qui associe réellement leur puissance judiciaire à la puissance judiciaire du Chef de r Église.
Ces mots habiles, Monseigneur, ne dissimulent qu'imparfaitement l'abîme où se jette le système que vous défendez. Vous parlez à.Q puissance judiciaire, et vous refusez toute liberté de jugement à ceux qui l'exercent. Mais que sont des juges à qui on impose une sentence? Ne sont-ils pas à l'instant dépouillés de \e\xv puissance judiciaire?