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minées, le Concile général peut exercer des droits à Tégard du Souverain Pontife lui-même, selon la loi canonique et la doctrine des plus grands et des plus sainls Papes. Je l'ai prouvé. Cette noble doctrine, cette participation des Évèques à la souveraineté spirituelle, présente un des plus beaux caractères de la constitution de FÉglise ; et les droits qui en résultent pour rÉpiscopat sont aussi honorables que nécessaires.
III. Vous passez ensuite, Monseigneur, à la grande et délicate question de Finfaillibité pontificale.
Nous admettons tous Tinfaillibilité des jugements pleine-
ment apostoliqices^ des jugements ex cathedra. Toute la question est de savoir quelles sont les conditions essentielles de ces jugements. Vous oubliez de les définir; et il en résulte, dans votre lettre, une bien regrettable lacune. Pour moi, après les plus sérieuses études, j'ai cru pouvoir embrasser la doctrine théologique qui place les conditions de ces jugements non pas dans des formules, dont je ne nie point cependant Futilité et la nécessité ; non pas dans les conseils ordinaires de la Papauté, dont je ne conteste point cependant l'autorité ; mais dans le concours et l'assentiment de TÉpiscopat. Résulte-t-il de cette opinion que ce sont les Évèques qui donnent l'infaillibilité au Pape? Nullement. Elle émane de Dieu seul; et il la donne à ceux à qui il Ta promise; c'est-à-dire au Pape uni au corps épiscopal, et au corps épiscopal uni au Pape.
Je souscris de tout cœur aux beaux textes que vous citez du grand saint Hilaire, un de vos glorieux ancêtres, d'Yves de Chartres, de Pierre de Celles, sans me croire le moins du monde engagé dans le système de l'infaillibilité absolue, séparée, personnelle.
IV. Ces mots vous offusquent, Monseigneur. Vous les accusez d'être empruntés au triste vocabulaire de ce temps, et d'être remplis du t)enin des réactiom politiques. Je ne m'en doutais pas. Ces mots, ou leurs analogues, se trouvent dans tous les théologiens, dans tous les canonistes. Je ne m'eu suis servi que parce qu'ils me paraissent très propres à préciser les questions et à porter la lumière dans tous les esprits;
été décrétée par un Concile incontestablement cecuméiiique, comme la meilleure discipline; elle a été sanctionnée par deux Papes, et réclamée par les plus saints personnages.
Quelle inconvenance y a-t-il à constater que la Providence écarte, de nos jours, tous les obstacles à la réalisation de celte périodicité; à montrer ses avantages, à la demander au saint Concile?
VI. Je crois avoir répondu à tous vos griefs. En résumé) votre critique ne me parait pas ébranler les bases de mon livre, ni prouver que j'ai donné une' notion inexacte de la constitution de l'Église. Mon œuvre consiste uniquement à affirmer et à démontrer que l'Église est une monarchie eflicacemcQt tempérée d'aristocratie, et que, par coaséquent, la souveraineté spirituelle et l'infaillibilité dogmatique y sont composées de deux éléments essentiels, quoique le second soit subordonné au premier. Voilii le cœur de mon livre, auquel il ne sera pas facile de toucher, quoi qu'on en ait dit, et tant que mes grandes thèses n'auront pas été réfutées, j'oserai dire que mon livre reste debout.
vous recommaDdez avec autorité! Mais, dans ces discussions pacifiques et bieuveillautes, surtout entre Ëvèques, n'affligeuDS pas r&me de nos frères par des jugements précipités, par des reprocbes immérités ; ne soulevons pas des nuages qui peuvent dérober aux yeux inalteuUfs le véritable aspect des choses, et susciter de regrettables scandales.
Vous gémissez avec raison, Monseigneur, sur un fait récent que nous déplorons tous. Vos amis osent même établir une certaine connexité entre ce fait et l'apparition de mon livre. II n'y a donc plus aucune justice dans le cœur de certains hommes? Le mien a été brisé par cet acte que je n'ai pu prévenir, mais dont j'ai tout fait pour arrêter les suites. Aujourd'hui il ue me reste qu'à prier, à espérer, mais en même temps à protester avec énergie contre tout rapprochement, toute assimilation, toute connexion. Que Dieu prenne en pitié et les temps et les hommes!
J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect, Monseigneur, De Votre Grandeur,
Le très dévoué collègue et le très humble serviteur, I U. L. C, Éivégue de Sura.
HENT CCXLIEI.
e l'Univtrt, Vtvèqae de Sun proteste, tieo et d'Évdque. contre les accusatioDs 'ait app«l, pour «a dêlenBe, ï tout lec- II •. il se deiDunde si son coulradic-
parviendra pas, sous le règne du plus ima l'Évfque de KImes le croit possible )ili(é, ce ne sera qu'après un examen
les diFBcultés et où l'on donnera des ra douce
Paris, 7 octobre 1869.
eu chef,
rcé de vous adresser uue uou- ) justice soQ inserlion aujourà la suite de celle que j'ai eu
Mgr l'Ëvèque de Nîmes exige
mal déguisées de Mgr Pkutier me, du chrétien, de l'Évêque.
', impartial, consciencieux, de urne, de veageauce, de come ne reconnais à personne le dignité et d'indépendance de jamais sacrifié à une vainc voir public ce que demandent
qu'il a professé les doctrines 18 mon livre. Voici ce que ier, un de ses amig, Évêque is j'ai vécu avec lui, il tenait mettait même là où il était 3n auteur, j'offre de commu-
niquer cette lettre à Mgr TÉvèque de Ntmes quand il le voudra.
Pendant vingt ans, Mgr Plantier a donc enconm Vanathème qu'il semble vouloir appeler sur ma tète ! Pourquoi ces menaces? Le Prélat veut-il étouffer la discussion? Sous le règne du plus sage, du plus juste des Pontifes, il n'y parviendra pas. L'entière liberté des discussions, dans les limites de la foi, a toujours été une des premières lois des Conciles généraux, et dans leur préparation et dans leur célébration.
J'ai écrit une phrase énergique que Mgr Plantier rappelle. Je la maintiens parce qu'elle exprime mes convictions ; je la maintiens parce qu'elle a pour but d'avertir, de provoquer à des études sérieuses, de conjurer les dangers d'un projet A*acclamation mis en avant par des hommes irréfléchis.
Au lieu d'accuser mon livre sans preuves, que Mgr l'Ëvéque de Nîmes veuille bien le réfuter. Qu'il prenne la peine de refaire son Histoire des Conciles généraux; son honneur d'écrivain n'y perdra rien. Qu'il démontre que, dans la mienne, j'expose mal les faits décisifs que j'invoque; que j'en tire des conséquences illégitimes ; qu'il démolisse surtout ce quatrième livre qui excite principalement son animadversion : je suis prêt à reconnaître mes erreurs aussitôt qu'elles me seront démontrées.
Mgr TEvèque de Nîmes regarde comme possible, comme probable, la définition de l'infaillibilité absolue, séparée, personnelle du Souverain Pontife. Selon l'usage des Conciles généraux, cette définition ne serait portée qu'autant que cette grave matière aurait été entièrement approfondie ; qu*autant que toutes les objections et toutes les difficultés auraient été détruites; qu'autant que les preuves les plus solides, les plus irréfutables se seraient produites. Alors une belle et éclatante lumière surgirait des travaux du saint Concile. J'espère qae Dieu me ferait la grâce de ne jamais fermer les yeux à cette lumière. Dans tous les cas, la soumission me serait douce. U n^ aurait là ni fiel ni absinthe. La main de Mgr Plantier ne préparera pas cette coupe empoisonnée.
Le Prélat m'invite à suivre le mouvement qui précipite r amour des peuples du côté du Vatican. Plût à Dieu qu'il en fût