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LIVRE III, DOCUMENT CGXLIV. 3i

ainsi! Mais Mgr TÉvèque de Nîmes se rend-il bien compte de Tétai réel du monde? J'en doute.

Quant à moi, je crois mieux servir la cause du Saint-Siège en démontrant le caractère tempéré de la monarchie ecclésiastique, en dévoilant le sceau de la divine sagesse, qui brille dans la constitution de l'Église, et qui rend l'autorité de son Chef aussi aimable que respectable.

J'ai l'honneur d'être, monsieur le Rédacteur en chef,

Votre serviteur très humble,

f H. L. C, Évéque de Sura,

(9 octobre 1869)

Le directear de l'Univers pegrettc d'avoir inséré dans son journal la lettre précédente. Pourquoi Mgr Msret doit tolérer, à propos de sa doctrine, l'expression de quelques dissentiments.

Mgr Maret nous aurait obligé, en ne nous adressant pas directement un si aigre discours contre un Évéque envers qui nousprofessons une vénération et une admiration assez connues. Il ne nous a pas dispensé de subir celte forme, nous ne nous dispenserons pas de lui en dire notre avis.

II nous annonçait hier la résolution de ne se défendre qu'après que toutes les objections se seraient produites. Cette résolution était sage, il y manque trop tôt. Elle lui donnait une sécurité, non seulement sur sa doctrine» mais sur son action, à laquelle on attribue plus d'importance qu'à sa doctrine ; elle lui permettait de bien savoir ce que pensent de Tune et de l'autre les plus légitimes organes du sentiment catholique interrogés implicitement par l'envoi de son écrit, sans qu'ils l'eussent prié de leur faire cette faveur ni de s'imposer cette dépense ; elle le mettait surtout dans l'heureuse nécessité de ne fournir à ses éminents censeurs que des raisons doctrinales, dignes de leur

condition et de la sienne. Ce ne sont pas des traits d'esprit qu'il faut pour démontrer que la constitution de TÉglise sera violée, si elle n'est pas changée.

Mgr Maret possède éminemment la dextérité du polémiste. Il n'en a pas la patience ferme ; il ne sait pas écouter l'objectioa et régler le ton de la réponse suivant les personnes, les circon* stances et le sujet. La lettre que l'on vient de lire est chargée d'allusions et de sarcasmes qui n'y conviennent point. Cette menue artillerie messied à la dignité de la question et à la dignité de l'adversaire, elle n'a pas même ici le maigre résultat de faire de la fumée. Mgr Maret a été attaqué en face et directement dans la double situation que lui fait son livre, comme docteur de la Sorbonne (moderne) et comme chef de parti. C'est en cette double qualité, qu'il provoque l'attention, c'est en cette double qualité et avec une double gravité qu'il doit répondre. Son grand titre d'Évêque, qu'il a soin de ne pas laisser oublier, ne lui fait qu'une obligation plus étroite de ne point se distraire aux jeux et aux feintes de l'escrime courante. Naguère, à l'occasion de certains propos touchant son livre non encore publié, il se montra fort chatouilleux envers nous sur les égards qui sont incontestablement dus aux Évéques. Il nous donne aujourd'hui un exemple qui s'accorde fort mal avec ses leçons.

Comme la discussion n'est pas finie, nous nous permettons de souhaiter qu'il la soutienne avec plus de tempérance, s'il persiste à la suivre pied à pied. Nous ne serions pas disposé à le laisser aller chez nous (excepté, bien entendu, contre nousmème) dans le style où il s'engage. Nous le supplions de ne pas nous mettre dans le cas de lui demander des corrections.

Il doit considérer que c'est lui qui a commencé, que c'est lui qui a provoqué; que son livre, quoi qu'il puisse dire, est généralement regardé comme un coup de parti. S'il a jugé en conscience bon et utile de le produire, d'autres en conscience peuvent juger bon et utile de le renverser. Il se montre en tout ce qu'il dit très convaincu qu'il a personnellement plus de doctrine, plus de science, plus de jugement que tous les autres ; qu'on ne peut « démolir » ses thèses, qu'elles sont à l'abri de

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