CCXLVIII
(4 novembre 1869)
Mgr Louis Delalie, Évéque de Rodez, avant de quitter son diocèse, adresse au clergé une lettre circulaire où il réprouve le « système tbéologico-pariementaire » de rÉvéque deSura pour ces trois motifs : 4» il est contraire h l'Écriture et à la tradition vivante de l'Église, aux décisions des Conciles et des Papes; 2o il « sent l'hérésie de Wicleff », et 3° « il conduit au schisme selon les errements du conciliabule de Bâle ».
Uodez, le 4 novembre 4869-
Messieurs et chers coopérateurs,
Quoique nous ayons publié dans notre diocèse le Concile général du Vatican, en faisant connaître au clergé et aux fidèles rintention où nous étions de nous y rendre; quoique nous ayons ensuite promulgué la faveur précieuse du Jubilé
accordée par Notre Saint-Père le Pape, à l'occasion de ce grand événement : néanmoins avant de vous quitter pour aller oh Dieu nous appelle par la voix de son Vicaire, nous éprouvons le besoin de prendre congé de vous, en vous adressant encore quelques paroles dictées par Je cœur dans cette grave circonstance.
Disons tout d'abord, Messieurs et bien aimés coopérateurs, que nous n'avons jamais ressenti aussi vivement quelque chose de ce qu'éprouvait saint Paul quand il disait : Coarctor e duobus : « Mon cœur est pressé par deux forces contraires. » Nous nous sentons poussé vers la Ville étemelle par la sainte loi de l'obéissance au Pasteur des pasteurs et par la perspective des consolations qui nous attendent au sein de la plus auguste Assemblée du monde. Mais d'un autre côté, nous nous sentons retenu par les liens indissolubles qui nous attachent à notre cher troupeau, liens que quatorze années de séjour au milieu de vous n'ont fait que rendre tout à la fois plus doux et plus forts.
Tel est le double sentiment qui fermente dans notre cœur et qui cherche une issue dans Texpression des regrets que nous éprouvons de vous quitter pour un temps, et dans l'espoir, sinon dans la certitude, que ce ne sera pas pour toujours.
A l'époque de nos deux dernières retraites ecclésiastiques, celle des curés et celle des vicaires, vous nous avez adressé des paroles cordiales et chaleureuses qui ne peuvent s'oublier. Nous y avons trouvé, avec la joie du cœur, un puissant encouragement dans les angoisses de notre prochaine séparation. Nous dirions que c'était une belle récompense de nos travaux parmi vous, si nous osions croire que nous l'avions méritée. Disons, au moins, que c'était un juste retour de l'affectueuse tendresse que nous vous avons vouée depuis que la Providence nous a placé sur le siège de l'antique et illustre Église de Rodez.
Mais ce qui nous a plus vivement ému encore, s'il est possible, c'est l'expression de votre profond dévouement à la sainte Église, notre mère, et à l'auguste Pontife qui en est constitué