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LIVRE III, DOCUMENT CCLIV

'OU à une école une ipariie notable et pieuse^ devra paraître tel au Concile lui-même. Ceux qui craignent une condamnation du 'Concile songeraient-ils à se ménager quelque moyen juridique de se pourvoir en cassation ?

Le Correspondant, après avoir justifié, comme nous venons

•de le voir, son entière confiance, voudrait la faire partager aux

« nobles esprits » qui se préoccupent ; et, pour cela, il sent le

besoin et se donne la peine de les tranquilliser au sujet d'une

définition de Tinfaillibilité pontificale par acclamation.

Une définition par acclamation, enlevée par surprise, est un de ces coups de théâtre matériellement impossibles, et dont la seule supposition est injurieuse au Pape et à TÉpiscopat. Un mot à lui seul suffit à Técarter : c'est absurde. Mais si le Saint- Esprit, qui souffle où il veut, disposait lui-même les esprits et •les cœurs ; si Tamour des Evêques faisait spontanément jaillir de leurs lèvres une ardente adhésion au dogme de Tinfaillibilité pontificale ; que ferait le Correspondant^ s'il veut rester catholique?

Aussi, en discutant le mode de définition, il semble avoir •en vue surtout de montrer toutes les difficultés d'une définition. JEspère-t-il décourager le Concile, et le dissuader de Tentreiprendre ?

« Définir une opinion, dit-il, c'est condamner la contraire ; •et condamner, c'est jeter des cœurs sincères hors de TÉglise. » A qui donc parle le Correspondant?

Quels sont ceux qui, parmi les catholiques, ne se rangeraient :aux décisions du Concile? Et comment dès lors se trouveraientils en dehors de l'Église ? Fénelon autrefois fut-il proscrit pour ses erreurs involontaires, si humblement rétractées? Et tout •dernièrement Mgr de Ségur, quand, après s'être trompé, i^ -s'empressait de retirer ses propositions, bénissant Dieu d'avoir mis un juge infaillible à la tête de son Église, ne se relevait-il pas plus grand et plus cher au Pape et à l'Église ?

Comment, dit encore le Correspondant, reconnaître si le Pape parle ex cathedra, comme Chef de l'Église, puisqu'alors :seulement ses décisions seraient infaillibles? Autrefois les jan-

sénistes, pour repousser les constitutions pontificales, distinguaient la question de fait et la question de droit. Les propositions condamnées, disaient-ils, étaient fausses sans aucun doute : mais ils niaient qu'elles fussent dans l'ouvrage de Jansénîus ; et, prétendant que sur ce point de fait les Papes pouvaient se tromper, ils s'en prévalaient pour repousser leurs décisions. Les nouvelles subtilités gallicanes sentent fort l'esprit janséniste. On veut se réserver la liberté de contredire le Pape en équivoquant sur la nature de ses jugements. Dès lors cependant que le Pape reconnu infaillible déclarerait définir en matière de foi et de mœurs, il faudrait bien l'en croire ; sinon, que devient son infaillibilité ? C'est une question de loyauté et de bon sens, et la foi simple répugne à ces précautions soupçonneuses et à ces défiances intéressées.

Mais une définition sanctionnerait toutes les décisions dogmatiques des Papes antérieurs ! Sans nul doute. Mais, reprend le Correspondant y qui fera le discernement entre celles qui sont ex cathedra et celles qui ne le sont pas ?

C'est prendre bien du souci. S'il est besoin de les consulter, et s'il y a l'ombre du doute sur leur valeur doctrinale, l'infaillibilité pontificale toujours subsistante sera un moyen facile de trancher la difficulté, sans que « les docteurs et les historiens aient à faire des recherches pénibles dans les dix-huit siècles de rhistoire ecclésiastique ». Qu'est-il besoin de toutes ces arguties vraiment misérables? Le Correspondant croit-il donc que la vérité catholique soit un arcane impénétrable? Tous les siècles reproduisent, comme il le disait très bien en commençant, le même symbole ; de même, les Papes se font écho les uns aux autres. La foi de Grégoire VII, d'Innocent III, de Boniface VIII, puisque le Correspondant les met en cause, n'a pas changé, et les principes sur lesquels ils s'appuyaient dans leurs conflits avec le pouvoir civil, pour être d'une application difficile, n'en demeurent pas moins la vérité traditionnelle.

En lisant ce qui suit, nous aurions été tentés de sourire, si la gravité du sujet le comportait. Il faut une singulière préoccupation d'esprit, pour voir, dans la réunion d'un nouveau

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