JOAN.y XXI
(31 octobre 1869} V Univers critique l'article du Correspondant.
Un recueil catholique nous a donné, il y a quinze jours, Téquivalent français, anonyme aussi, des manifestes bavarois et autrichiens sur la faillibilité certaine du Pape et la faillibilité possible du Concile. C'est Toeuvre d'une plume habile, d'une science inexacte et d'une conscience passionnée. Les formes du langage sont pieuses, le fond de la pensée est involontairement sceptique.
En attestant sa foi, Fauteur anonyme ne laisse voir que ses doutes, et il prend' si grand soin de justifier ses doutes, qu'ils paraissent être le capital de sa foi. 11 admet en principe l'infaillibilité nécessaire de TÉglise, car la clarté de la langue et -de l'esprit français l'impose à la raison, et il n'oserait dire, avec les docteurs de Munich, que le critère de Tinfaillibililé n'existe point. On a besoin d'allemand pour de telles audaces. Mais où se trouve l'infaillibilité dans l'Église? 11 la cherche, peu disposé à la vénérer là où jusqu'à présent on l'a reconnue. Il la nie au Pape personnellement; l'accorde-t-il au Concile? C'est selon! Le Concile tout seul pourrait èlre infaillible; le Concile et le Pape d'accord pourraient ne l'être pas. On pense bien que tout cela est emmêlé et qu'il y a des voiles ! En bon catholique gallican, notre Janus français tient que le Saint- Esprit qui, depuis longtemps, néglige le Pape, n'abandonnera pas le Concile. Néanmoins le Concile pourrait faire fausse route, et notre Janus n'est rien moins que rassuré. On parle d'un décret qui attribuerait au Pape cette infaillibilité introuvable ; on entend de « nouveaux docteurs » qui préconisent ce dogme et qui soutiennent, grand Dieu! que le temps est venu de l'inscrire aux articles de foi. Ces « imprudences » possibles le font trembler, et il prend le devant sur le Saint-Esprit pour