‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 250 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CCLVII · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CCLVII

"Veuillez insérer cette lettre, et agréez, Monsieur le Rédacteur en chef, mes sentiments très distingués.

Le Secrétaire de la rédaction,

P. DOUHAIRE.

(7 novembre 1869) ■Réponse du directeur de V Univers à la lettre précédente.

On remarquera que cette lettre étudiée et évasive se tait sur les noms des rédacteurs et approbateurs de l'article du 10 octo- -bre. Toutefois, le silence parle assez, il parle même trop; ces hommes importants se révèlent, tout en continuant de se dissimuler par un calcul peu conforme, selon nous, à leur dignité. Là circonstance est assez grave pour se retirer ou se montrer. JIs ne se retirent pas et ne se montrent pas. Nous ne reconnaissons point ici la sincérité de quelques-uns d'entre eux, et rien :ne prouve davantage qu'à leurs yeux mêmes, l'article, ou le manifeste, ou la manifestation, peu importe, est en soi une •œuvre louche; sentiment tout conforme à notre appréciation.

Ainsi, MM. de Montalembert, de Broglie, de Falloux, Cochin, Ae Carné, Foisset, etc., sont là-dedans. C'était prévu et c'est triste. Mieux vaut pourtant le savoir, et qu'ils sachent qu'on le sait. Ils en feront plus d'attention aux démarches futures du parti, et, il faut bien le dire, encore que le mot déplaise, de Vintrigue.

Reprenons maintenant leur réclamation point par point.

La rédaction du Correspondant ne reconnaît ses idées « en •aucune manière ni en aucun point » dans l'analyse que nous en avons faite. Nous venons de relire et son travail et le nôtre. Il nous semble que son travail est bien tel que nous l'avons dit, •et que le nôtre n'eût pas manqué d'exactitude quand même il

eût été moins modéré. Nos lecteurs pourront aisément s'en convaincre s'ils veulent profiter de la générosité avec laquelle le Correspondant met à leur disposition le corpus delicti. Nous félicitons le Correspondant de pouvoir faire les frais d'une pareille propagande. Cette ampleur, qui dépasse encore celle de Mgr Maret, montre combien ils ont à cœur le succès de leur entreprise. Elle est d'ailleurs conforme aux pratiques accoutumées de Terreur dogmatique, toujours empressée de se donner à bas prix et même pour rien. Elle compte se payer, comme on dit, «c sur la bête ». En général, elle n'a pas tort. Ici, cependant, nous sommes persuadé que le Correspondant travaille pour nous, et nous exhortons très sincèrement nos lecteurs à se faire servir l'opuscule (librairie Douniol, 29, rue de Tournon).

Et si le Correspondant veut y ajouter nos appréciations pour en mieux faire déguster l'inexactitude, nous lui donnons toute permission de les reproduire.

En attendant cette confrontation sur pièces, le Correspondant remarquera que si nous nous sommes trompé, nous n'avons pas été seul. Avant nous, son œuvre avait rencontré deux critiques plus importants que nous. L'éloquent Évèque de Poitiers, s'adressant à son clergé et à son peuple, ex cathedra, et la Semaine religieuse à^ Cambrai, dans un article vraiment magistral, avaient signalé, exactement comme nous, le caractère et la tendance de ce coup de parti. Ces deux graves documents ont été reproduits dans V Univers; le premier, à la suite de notre propre appréciation; le second, quelques jours après.

Avant nous encore, et dans le même sens, s'était exprimé le Bien public de Gand, le plus ferme et le plus justement estimé des journaux catholiques belges. Nous pouvons ajouter que de sérieuses et nombreuses lettres nous apportaient de partout un jugement tout semblable : C'est le livre de Mgr Maret, et pire, moins sincère, plus enveloppé, plus adroit, allant plus loin, avec un ton de persiflage que Mgr Maret ne s'est point permis.

Mgr rÉvêque de Poitiers, \di Semai7ie de Cambrai, le Bien

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