‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 252 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCLVII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCLVII

Nous regrettons qu'ils descendent h ces enfantillages. Est-ce que le livre de Mgr Maret est une réponse? Est-ce que les déclarations et les arrangements de Coblentz sont des réponses? Et si le Correspofidant voulait simplement répondre, est-ce qu'il ne pouvait pas répondre sans cet appareil et sans réclamer la périodicité et la permanence du Concile?

Nous ne ferons que toucher ce que le Correspondant veut bien appeler « la partie politique », et nous ne le ferons que pour ne point laisser sans réponse un adversaire qui répond lui-même si scrupuleusement. Il désire savoir a exactement, nettement », ce grand ami de l'exactitude et de la netteté, « quels conseils nous donnons aux catholiques sur la conduite à tenir en France et dans les pays où l'égalité civile, la liberté religieuse et la liberté politique ont prévalu ».

Nous leur donnons exactement, nettement le conseil de rendre à César, prince ou peuple ou populace, ce qui est dû & César, et de ne rien donner ni sacrifier à César de ce qui est du à Dieu, parlant par son Église. Nous leur donnons le conseil de se servir des libertés civiles pour accroître et affermir la liberté de l'Église telle que l'Église la demande.

Nous leur donnons par-dessus tout le conseil d'obéir à Dieu, c'est-à-dire à l'Église, au mépris de tous les biens, de tous les pouvoirs et de toutes les sagesses de ce monde.

Et comme le Correspondait promet de ne plus rompre le silence avant le Concile et ne voudra pas certainement le rompre après, nous nous permettrons de lui donner en particulier le conseil de persévérer dans un dessein si consolant.

Louis Veuillot.

M^ Georges Darboy, Archevêque de Paria, dans une lettre pastorale, expose brièvement la nature des Conciles œcuméniques et cherche à calmer les inquiétudes eicitéea dans les esprits par certaines rumeurs relatives aui queiliou que ïlevni déGair le Tutur Concile.

Nos liés chers frères,

Il y a deux ans, le Souverain Poatife a manifesté aux Évècjues réunis à Borne autour de lui le vif désir de convoquer, aussilAt qu'il le pourrait, un Coucile général pour rechercher avec eux les remèdes nécessaires aux maux présents de l'Eglise. Quelques mois après, il a publié la bulle d'indiction qui fixe l'ouverture du Concile au 8 décembre prochain, et un peu plus lard il a demandé à tous les fidèles, en leur accordant une indulgence pléuière en forme de jubilé, d'appeler par leurs supplications les lumières et les gr&cesde Dieu sur les travaux de celte grande Assemblée. Ainsi le momeot approche où les Ëvèqucs du monde catholique vont répoudre k l'appel du Saint-Père et où vous-mêmes, nos 1res chers frères, devrez vous mêler à leur œuvre par vos prières et vos actes de piété. Il importe donc de vous exposer, au moins brièvement, ce qui va s'accomplir et les motifs que vous avez d'y prendre un religieux intérêt.

Ce qui rend plausible et moralement nécessaire aujourd'hui la tenue d'un Concile, c'est Télat général du monde; re qui l'autorise, c'est la constitution même, le droit et le devoir de l'Église, divinement établie pour veiller au salut des âmes; ce qui permet d'y rattacher de solides et consolantes espérances, c'est, avec les dispositions de l'Ëpiscopat, la bénédiction d'en haut et l'assistance promise du Sainl-Ësprit.

L'état général du monde est tel qu'il préoccupe les moralistes et les politiques autant que les hommes de religion. EsL-ce h dire que notre siècle, considéré dans l'ensemble de ses actes,

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