‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 260 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCLXI · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCLXI

n'aurait pas eu peut-être la confiance de convoquer, dans les jours mauvais que nous traversons, un Concile œcuménique. M. le doyen dit ensuite les espérances de TÉglise aux approches de cette sainte Assemblée, et les sentiments de soumission absolue avec lesquels le clergé d'Orléans est disposé à en recevoir les décrets. Puis, faisant allusion aux inquiétudes répandues dans les âmes par les imprudences des uns et la malveillance des autres, il exprima la plus entière confiance dans la sagesse du Vicaire de Jésus-Christ et de NN. SS. les Évèques, et en particuUer de celui à qui le clergé d'Orléans offrait en ce moment ses hommages et tous ses vœux.

Mgr l'Ëvèque d'Orléans, très ému, répondit dans les termes suivants :

« Messieurs,

« Je suis vivement touché des paroles que M. Tabbé Desbrosses vient de m'adresser en votre nom, quoique je ne puisse vraiment accepter tout ce qu'il a bien voulu me dire de beaucoup trop bienveillant, en rappelant ici ce que j'ai pu avoir le bonheur, et avant tout le devoir, d'essayer dans ma vie pour le service de TËglise et du Saint-Siège.

(( Ce dont, surtout, je le veux remercier, c'est, Messieurs, de ces sentiments si élevés et si nobles, pleins d'une foi sacerdotale si ferme, dont nous sommes accoutumés à rencontrer l'expression sur ses lèvres, de même que la flamme en est dans tous vos cœurs et dans le sien.

a Oui, aux approches de ce grand Concile, il faut avoir confiance ; confiance dans la parole de Celui qui a dit à son Église : Enseignez toutes les nations. Je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles; et qui va les enseigner encore, par la bouche du successeur de Pierre et des Ëvêques rassemblés autour de lui.

<c Et c'est de la sorte, Messieurs, par la souveraine assistance de Celui qui est la lumière et la paix, que le Concile sera ce que le Pape a voulu qu'il fût : une grande œuvre d'illumi-

nation et de pacification, grande opm illuminationis et pacificationisj ainsi que s'exprimaient, dans leur adresse au Saint* Père, les Évêques réunis à Rome en 1867.

« Et puis, apr^s le Concile, quand Pierre et les Apôtres, quand le Pape et les Évèques auront parlé, docilité complète; Messieurs, comme on vous le disait si bien tout à Theure, soumission absolue à tout ce que TEsprit de Dieu aura dicté à la sainte Assemblée.

c( Tels sont vos sentiments, à tous. Messieurs; et c*est parce que je les connais que, si je ne m'éloigne pas de vous sans tristesse, je pars cependant avec une pleine sécurité. Vous prierez pour moi : oui, je compte sur vos bonnes et fraternelles prières; et vous saurez d'ailleurs veiller à ce que, pendant mon absence, nulle témérité ne vienne troubler l'union et la paix dont nous avons toujours joui, grâce à Dieu, dans ce diocèse, depuis vingt ans que j'ai l'honneur d'y servir l'Église.

« Et quant aux inquiétudes dontvous m'avez parlé, aux initiatives imprudentes, intempestives, je ne tarderai pas à vous en dire ma pensée.

« Pour moi. Messieurs, je vais au Concile, appelé par le Chef suprême de l'Eglise. J y vais comme juge et témoin de la foi. J'y serai, je l'espère, avec l'aide de Notre-Seigneur, un juge libre, attentif et ferme, sans aucun respect humain; un témoin vigilant et fidèle.

« Et le Concile achevé, quelles qu'aient été ses décisions, conformes ou contraires à mes vœux et à mes votes, je reviendrai soumis à tout, sans le moindre effort, soumis de bouche, d'esprit et de cœur, docile comme la plus humble brebis du troupeau.

« Telle est ma foi. Messieurs, telle est la vôtre. C'est par elle que nous vivons, et pour elle, au besoin, nous saurions mourir. »

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