LIVRE III, DOCUMENT CCXVII
siècle, qu'ils cherchent un peuple où les conceptions humaines aient jamais été confondues avec la foi, et ils ne trouveront ni ce siècle, ni ce peuple. Partout et toujours, ils trouveront la foi subsinianicommele grand fait corrélatif de celui de la révélation divine.
Nous voilà bien loin, dira-t-on peut-être, de Finfaillibilité naturelle ou de la certitude propre à la raison.
Pas si loin qu'on le pense, car c'est la raison, nous venons de le voir, qui appelle la révélation, et c'est à la raison que la révélation s'adresse. C'est à la raison que Dieu parle, c'est à la raison qu'il demande la foi, et il ne la lui demande qu'après lui avoir fait voir que c'est bien lui qui parle. La raison qui demande le témoignage de Dieu sur les réalités de la vie future n'adhère donc à ce témoignage avec la certitude surnaturelle de la foi, qu'après avoir vu de ses propres yeux, c'est-àdire vérifié par sa propre lumière et avec la certitude naturelle qui lui est propre, le fait divin de la révélation.
Or, Dieu ne se manifeste pas moins clairement à la raison dans le grand fait de la révélation que dans le grand fait de la nature. Ces deux œuvres divines sont marquées du même signe : celle-ci, de l'unité maîtresse de l'espace par l'harmonie des mondes ; celle-là, de l'unité maîtresse du temps par l'harmonie des siècles en Jésus-Christ. S'il est donc évident que les cieux, dans leur marche, racontent la gloire de Dieu, il n'est pas moins évident que les siècles la racontent dans leur cours, et que Celid qui tient tout en sa main^ comme le dit Bossuet, a pu seul concevoir et conduire un dessein où tous les siècles sont compris.
Oui, cela est évident, et si nous nous bornons à rappeler ce seul signe ou ce seul caractère de la révélation, c'est qu'il suffit, entre tant d'autres, pour reconnaître l'infaillible certitude naturelle avec laquelle la raison saisit l'infaillible certitude surnaturelle de la foi.
La certitude de la raison n'exclut cependant pas ici la liberté de la foi. Il ne suffit pas, en effet, qu'en présence du fait évidemment constaté de la révélation, la raison voie qu'elle doit croire^ pour qu'elle adhère par là même aux vérités révé-