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LIVRE m, DOCUMENT CCLXII

croire. — Recherche intelligente des meilleurs moi/ens de les faire croire. — Vérité'. — Charité; dans le but d'apporter au monde la Paix, la paix des esprits, la paix des cœurs, le retour à l'Évangile et àDieu : voilà nos devoirs, tels que je les comprends.

Je vous demande, ô mon Dieu, de commencer par les pratiquer moi-même.

D'avance obéissant, et obéissant jusqu'à la mort, j'adhère aux décisions du Chef de TÉglise et du Concile ; j'y adhère du fond du cœur et de toute mon àme, quelles que soient ces décisions, conformes ou contraires, je Tai dit et je le répète, à ma pensée particulière; qu'elles viennent la confirmer ou la contredire. Que vient-on me parler ici de contrainte, de pression, de manœuvres humaines? Nous sommes tous des hommes, et, dans ce Concile comme dans tous les autres, les imperfections humaines auront leur part. Mais notre croyance est précisément que le Saint-Esprit dirige, façonne, consume ces imperfections, et les tourne au service de la vérité. Nul n'est catholique sans cette foi qui est la mienne, et voilà pourquoi d'avance j'adhère, je suis soumis; et je suis heureux d'adhérer, joyeux de me soumettre. Après avoir combattu librement, travaillé fortement, agi courageusement, la soumission sera notre victoire, et vous nous ferez à tous la grâce, 6 mon Dieu, de trouver la paix dans la foi et la joie dans l'obéissance. Car notre victoire, c'est notre foi. Base est Victoria, /ides nostra. Et la nation des justes n'est jamais qu'obéissance et amour. Natio justorum obedientia et dilectio.

Ce que je crois mon devoir sera de le faire croire, et vous nous ferez aussi la grâce, ô mon Dieu, de trouver les voies de la persuasion, l'onction qui touche les cœurs, ramène les égarés, fait briller la vérité d'un éclat doux et vainqueur, sans la ternir par nos défauts et la rendre pénible à nos frères.

Descendez sur nos travaux. Esprit de lumière, de sagesse et d'amour, qui avez transformé le cœur des Apôtres, armé leur parole, aguerri leur vaillance, cimenté leur union fraternelle. Rendez-nous courageux comme PieiTe, éloquents comme

Paul, tendres comme Jean, fidèles eomme Philippe, André, Jacques et leurs frères. Donnez-nous quelque chose de ce cœur de mère qui brûlait en Marie au Cénacle. Inspirez-nous pour le successeur de saint Pierre le plus profond, le plus filial attachement. Faites de vos faibles enfants les héritiers des Saints, les bienfaiteurs des hommes, les serviteurs de l'immuable et adorable Vérité!

Et vous, mes frères, priez, afin quç ce que vos Évêques vont décider serve à diriger vers le Ciel, par des voies lumineuses et pures, et vous-mêmes, et tous nos frères séparés, et tous les hommes qui ne croient pas encore, et les arrière-petits enfants des petits enfants qui vivent aujourd'hui.

A ces causes

Donné à Orléans, sous notre seing, notre sceau et le contreseing du Secrétaire général de notre évèché, le 10 novembre mil huit cent soixante-neuf.

Félix, Évêque d Orléans.

Par mandement :

Jacotte, Chanoine^ chancelier»

(11 novembre 1869)

Dans une lettre adressée au clergé de son diocèse sous le titre : Ohtervaiiims sur la controverse soulevée relativemerU d la dèfinitimi de l'infailtibilUé au prochain Con<?tte, Mgr Dupanloup résume toutes les objections faites contre l'opportunité de la définition de Tinraillibilité pontificale et accuse V Univers et la Civilta eaitoliea d'avoir suscité, avec une «xtréme imprudence, la controverse sur c«tte définition.

Messieurs,

En m'adressant vos adieux et vos vœux, avant mon départ pour Rome, vous m'avez dit les inquiétudes et le trouble que répandent autour de vous, parmi les fidèles, les violentes polémiques soulevées dans les journaux relativement au futur

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