LIVRE III, DOCUMENT CCLXIII
yeux il n'y a là aucune difficulté. Il suffit pour cela, dit Vnn d'eux de savoir son catéchisme. Bossuet, apparemment, ne le savait pas; ni Fénelon, qui entendait l'infaillibilité autrement que Bellarmin ; ni même Bellarmin, qui ne s'accorde pas de tout point ici avec d'autres théologiens romains. A eûtendrë ces journalistes, la proclamation du dogme de l'infaillibilité du Pape est si nécessaire, si facile et si certaine, que le Concile n'aura même pas à examiner; et douter un instant de sa décision, ce serait lui faire injure : ce serait aussi se montrer suspect, à tout le moins, d'un bien tiède dévouement pour l'Église et pour le Pape.
C'est ce qu'ils disent, et avec de tels outrages pour ceux qui ne pensent pas comme eux, qu'en vérité il n'y a plus de limites, et le débat s'envenime étrangement.
Cependant tout le monde ignore absolument ce que jugera bon de faire ou de ne pas faire sur ce point le Concile, qui n'existe pas encore.
Mais en attendant, Messieurs, ces excès de la controverse troublent les fidèles et les jettent dans la situation évidemment dangereuse que vous m'avez dite. Car, si le Concile vient à juger convenable de ne pas suivre la ligne qu'on lui trace si impérativement, ne paraîtrait-il pas à plusieurs avoir manqué à son devoir? On affirme, et avec raison, que les Évêques auront au Concile une pleine et entière liberté. Mais vraiment quelle liberté leur laissent, dès à présent, de telles discussions, menées de cette façon par le journalisme? A la manière dont ils poursuivent ce débat, ne semblent-ils pas déuQucer à l'avancq comme des schismatiques ou des hérétiques ceux qui se permettront d'être d'un sentiment contraire.
Ce sont là, Messieurs, des réflexions de sens commun, qui m'ont été exposées, de vive voix et par écrit, non seulement par vous-mêmes, mais bien des fois déjà par une foule d'esprits, et des meilleurs, et des plus chrétiens, que ces polémiques, autour de moi ou loin de moi, préoccupent et agitent.
J'ai attendu beaucoup avant do me résoudre à prendre la parole sur un tel sujet. Vous m'y avez décidé. Messieurs. Je