LIVRE III, DOCUMENT CCLXIII
le sache bien, nous ne reconnaissons plus le Pape comme infaillible * .
Bellarmia essaye de concilier ceux qui disent : Pontifex consUium audiat aliorum Pastomm, avec ceux qui disent qu'il peut définir tout seul, etiam solus *.
Eh bien, devant toutes ces divergences d'opinions, et je n'en cite ici que quelques-unes, car on en compte un bien plus grand nombre, même parmi les théologiens ultramontains, comment agira le Concile ? Il faudra donc qu'il entreprenne, approuvant les unes, réprouvant les autres, la rude tâche de faire, d'une façon dogmatique et absolue, un choix parmi toutes ces opinions théologiques : mais sur quelles bases, certaines, claires et indiscutables, s'appuiera-t-il pour cela?
Encore une fois, qu'est-ce donc exactement qu'un acte ex cathedra ?
Est-ce un simple bref? Oui, disent les uns; non, disent les autres. Est-ce un rescrit? Est-ce une bulle, une allocution consistoriale, une encyclique ?
Faut-il, dans l'acte ex cathedra j que le Pape s'adresse à toute l'Église? — Oui, disent la plupart. — Non, dit un Anglais, professeur laïque de théologie ' et journaliste contemporain : quand il ne parlerait qu'à un seul Évèque, ou même à un simple laïque, il peut avoir voulu enseigner ex cathedra. Et c'est assez.
Eh bien, alors, faut-il au moins, comme plusieurs le réclament, pour qu'il n'y ait aucun doute sur son intention, que le Pape définisse la doctrine sous la sanction d'un anathème contre l'erreur?
— Ou suffit-il, comme d'autres le prétendent, qu*il exprime, d'une manière quelconque, son intention de faire un dogme?
— Ou bien enfin, comme le soutient encore le théologien laïque que je citais tout à l'heure, peut-il parler ex cathedra^
i. De Maistre, Du Pape, liv. I, ch. x, y.