‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 293 sur 536 · IV · texte numérisé non relu

IV

Dans ce temps-là, le Concile œcuménique, FÉglise par conséquent, considérait donc le Souverain Pontife lui-même, adressant sur une question de foi à de grandes Églises des lettres dogmatiques, Litteras dogmaticas *, comme sujet à l'erreur ; et les Évêques réunis, comme compétents pour le condamner et lui dire anathème?

Et le Pape Léon II a confirmé la sentence du Concile; les Églises d'Orient et d'Occident l'ont acceptée. Le Pape Léon II et les Églises croyaient donc également qu'un Pape, s'expliquant sur des questions de foi portées à son tribunal, peut mériter l'anathème?

Voilà un point sur lequel le Concile aurait encore à se prononcer.

Je n'ai ni la pensée ni le temps de faire ici, ce qu'il serait nécessaire que le Concile fît pour procéder avec la circonspection accoutumée des Conciles, une revue complète de l'histoire. Je laisse les difficultés que peuvent soulever les Papes Yigileet Libère; mais je demande la permission de rappeler encore un seul fait. Au moyen âge, un Pape, Pascal II, fait à un empereur d'Allemagne, Henri V, une concession tellement exorbitante sur l'investiture des Evèques, qu'un Concile s'assemble à Vienne et qu'un Archevêque, qui devait plus tard monter Iniméme sur la Chaire de saint Pierre sous le nom de CalLxte II, déclaré que la concession faite par le Pape implique une véritable hérésie, hdsresim esse jiidicavimus, et condamne sa lettre à l'Empereur.

Et déjà le Pape lui-même, en plein Concile de Latran, en présence de plus de cent Évêques, s'était humilié de son propre mouvement, et le Concile avait cassé et annulé sa concession.

Quoi qu'il en soit de la faute de Pascal II, à tout le moins, ses contemporains et lui-inème croyaient donc qu'un Pape peut tomber dans l'hérésie?

Dira-t-on qu'une hérésie implicite, et cependant digne d^anathème dans un grand acte pontifical, ne prouve rien contre

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