‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 3 sur 536 · LIVRE llr, DOCOMËNT CCVl · texte numérisé non relu

LIVRE llr, DOCOMËNT CCVl

répondre à la solennité dont la maçonnerie a le devoir de se préoccuper, le grand maffre pose à ce F,*, la question de savoir si, à la suite d'un concile de prolestants, de juifs ou de mahomélans, il trouverait également utile de répondre par la réunion d'un couvent maçonnique. Je ne le pense pas, dit le grand maître, et j'invite rassemblée à rejeter la mesure proposée comme spéciale, dangereuse, inutile, ne pouvant pratiquement produire aucun résultat. A l'intolérance nous n'avons à répondre que par la tolérance.

Le F.*. CoLFAVRU dit que la question posée par le grand maître n*est qu'une hypothèse qu'il n'a pas à examiner. Lorsque les Églises protestantes, Israélites ou mahométanes s'inscriront contre les droits imprescriptibles de Tètre humain, nous verrons ce que nous aurons à faire ; aujourd'hui nous ne sommes pas en présence de fictions : nous sommes en face de la réalité, d'uH fait patent, considérable, qui intéresse d'autant plus notre pays, que le chef de l'État est regardé comme le fils aîné de l'Eglise. [Mouvement,)

Le grand MArrRE, sur ces mots, arrête le F.\ Colfavru, le rappelle aux termes de l'article 2 de la constitution, et déclare qu'il ne laissera pas continuer la discussion sur ce ton.

Le F.'. Colfavru se défend d'être sorti des bornes légales de la discussion. Je n'oublie pas, dit-il, le respect dii h. nos lois ; mais je ne saurais oublier, non plus, que nous sommes les soldats de la liberté de conscience conquise par nos pères, et c'est pour moi un devoir de me préoccuper des moyens de la défendre contre les apôtres de l'obscurantisme. [Applaudissements prolongés.)

Le F.'. DucARUE dit : Mes frères, je comprends les applaudissements qui soulignent et affirment les sentiments que vous venez d'entendre exprimer, et je m'y associe; mais je ne comprends pas la proposition qu'on vous apporte. Il y a quatre ans, la franc-maçonnerie fut, de parti pris, brutalement, grossièrement attaquée. Vous savez sa répons,e. Adressée au monde entier, elle fut acceptée et publiée dans tous les pays ou s'imprime la parole humaine.

4 LE COxNCILE DU VATICAN.

Revienne la provocation, une fois encore, la franc-maçonnerie saura se défendre.

Mais réunir un convent extraordinaire, en décembre prochain, parce qu'il y aura, dans un autre ordre d'idées, une réunion à cette époque, serait une véritable abdication. Descendre des sphères élevées de la tolérance universelle que nos principes et nos lois nous assignent ; descendre dans une arène, accepter une lutte, un pugilat indigue de nous, voilà ce qui, à mon avis, est au-dessus de toute prescription légale et rend impossible la proposition qui m'est faite et que je repousse.

Le F.-. Brémond demande le renvoi de la proposition à Tcxamen des bureaux. (Aux voix! aux voix! Bruit confus.)

Le F.'. Hubert (de Paris), après que le silence est rétabli, dit : Mes frères, je ne nv oppose pas au renvoi aux bureaux; mais je m'oppose à un vote immédiat sur le fond de la question ; et je me permets de croire que peut-être le F.*. Colfavru luimême ne verra pas, dans ce que je crois possible, logique et constitutionnel en l'espèce, une pensée différente de ce qui fait l'objet dp sa demande. Je crois que celte proposition doit être envoyée aux ateliers, sans retard, pour que, dans un délai très rapide, ces ateliers aient à se prononcer sur l'opportunité ou la non-opportunité de son adoption, et qu'ainsi le grand maître, instruit du vœu de la maçonnerie, ait à décider ce qu'il importe de faire. [Nouveaux cris : Aux voix I)

Le F. • . Colfavru dit qu'il se rallie au renvoi dans les bureaux demandé par le F.'. Brémond, mais à la condition qu'on votera demain sur la proposition et avant toute autre chose.

Le F.*. RoussELLE parle dans un sens contraire et repousse comme insuffisants les moyens indiqués par le préopinant pour répondre aux attaques dirigées contre la maçonnerie. La proposition que nous discutons sort de l'ornière. Elle n'est point inconstitutionnelle; nous devons l'accueillir et marcher en avant, car le repos c'est la mort. L'avenir de la maçonnerie dépend peut-être de son attitude dans la circonstance présente ! {Applaudissements . )

Le F.\ Rolland. Ainsi vous voulez répondi'e à une provo-

Page 1