LIVRK III, DOCUMENT CCLXIV
MonseigaeurrÉvêqued'OrléaQS,peuparlîsan(quoique toujours fort mêlé aux journaux) des libertés de ce qu'il appelle « une certaine presse ».
Déjà une fois, usant assez strictement d'un droit incontestable, à propos d'une discussion littéraire oh il s'estima contredit, il crut devoir condamner V Univers et en prohiber la lecture à plusieurs prêtres de son diocèse. Nous ne trouverions pas séant do Tamener à renouveler cet éclat. S*il y a nécessité d'ailleurs, les journaux qui vont applaudir et commenter ses Observations nous fourniront matière à parler, sans léser une autorité qui doit rester intacte, jusqu'à ce que l'autorité supérieure ait prononcé.
Dans l'Église, tout est réglé admirablement, et la liberté est complète parce qu'elle a des limites acceptées qu'elle n'est pas tenue à fixer elle-même. C'est ce qui fait notre sécurité. Sachant qu'on nous surveille, et qu'il y a toujours pour nous arrêter, des répréhensions, des censures, des condamnations même, mais toujours susceptibles de vérifications, de rectifications et de confirmations infaillibles, nous nous mouvons a l'aise sur un terrain où, faute de ces garanties, la conscience, de façon ou d'autre, serait perpétuellement inquiétée.
Quant à la question de l'infaillibilité, nous avons suivi et nous continuerons de suivre le sentiment de la majorité, ou plutôt de Tunanimité dos Évêques, puisque, jusqu'à présent, le livre de Mgr Maret n'a pas trouvé un seul défenseur, et que Mgr rÉvêque d'Orléans lui-même ne le nomme pas. Ce fait est constaté dans la lettre pastorale où nous sommes traités avec tant de rigueur : deux Ëvêques particulièrement illustres, Mgr Dechamps, Archevêque de Malines, et Mgr Manning, Archevêque de Westminster, s'y trouvent nommés et combattus comme nous. Ils sont l'un et l'autre, fussent-ils seuls, assez grands pour nous couvrir. Prétendre que néanmoins nous devions nous taire, c'est trop exiger pour le temps où nous vivons. Quand on ne peut ni ne veut imposer silence à tous les journaux, il n'est ni possible ni nécessaire de l'imposer à une « certaine presse » .
Si l'on dit que ces débats sont malheureux, peut-être. C'est
le cri (le beaucoup de personnes qui ne laissent pas pourtant de placer très activement leur mot, sans titre bien prouvé. Pourquoi V Univers se tairait-il plus que le Correspondant, et M. Veuillot plus que M. Douhaire ? Dans tous les cas, ces débals sont éternels, et il se pourrait aussi que le silence fût pire. Mais aujourd'hui plus que jamais, et plus après la lettre pastorale de Mgr Dupanloup qu'auparavant, on ne peut empêcher qu^un immense cri s'élève de la conscience catholique pour demander une solution. Une question vitale s'est invinciblement posée; sur cette question, les uns nient, les autres affirment. Ad quem