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LIVRE III, DOCUMENT CCLXIX. 49o

plus à se défendre d'avoir abordé la question d'opportunité, qui ne les regarde en rien. Ils ont écouté les Pasteurs, et, suivant le devoir des fidèles, ils ont défendu les principes, se bornant pour le reste à faire des vœux toujours remplis du res-pect le plus obéissant.

Louis Veuillot.

(Novembre 1869)

Le Monde cite un ouvrage de Mgr Manning, paru ii y a plusieurs années, dans lequel le Prélat parJe de la définition de rinfailiibilité pontificale.

La question de l'infaillibilité personnelle du Pape a-t-elle été soulevée par certains journaux? et cela en vue du prochain Concile?

JNous trouvons dans un volume auquel les circonstances et les controverses du moment donnent un rare à-propos, la réponse à cette double question.

En 1865, Mgr l'Archevêque de Westminster publiait à Londres la première édition de son savant ouvrage sur la Mission temporelle du Saint-Esprit. Il n'était à cette époque nullement question du Concile. L'éminent Prélat, dans le chapitre consacré à la Relation du Saint-Esprit avec V Église, énumère les organes par lesquels se manifeste la vérité, et qui doivent être considérés comme infaillibles» Nous lisons dans cette énuméralion :

« ... S** Les défiililîons et les décrets des Papeë, parlant ex cathedra^ comme Chefs de l'Eglise et s'adressant à toute l'Égliscj soit par bulles, par lettres apostoliques, par encyclique ou par btef, adressés à une ou plusieurs personnes, émanent indubitablement d^uûe assistance divine et sont infaillibles.

(( Saint Augustin argumente de la manièrd suivante en parlant dé la tête et du corps : C'est pourquoi dé même ^ue Vante,

qui anime et vivifie tout notre corps, exerce dans la tète le sens de la vue, de l'ouïe, de f odorat, du gotU, du toucher, et dans les autres membres celui du toucher seulement (car tous sont soumis à la tête dans leur opération) la tête étant placée au-dessus d'eux pour les guider, puisque la tête est comme une image de l'âme elle-même, qui guide le corps, car là tous les sens sont manifestés), ainsi Jésus-Christ homme, le Médiateur entre Dieu et rhomme, est la tête à regard de tout le peuple des saints *. Or, les Pontifes, comme Vicaires de Jésus-Christ, ont une double relation, Tune au Chef divin de TLglise dont ils sont les représentants sur la terre, Tautre au corps entier. Et ces deux relations communiquent une prérogative spéciale de grâce à celui qui ]es possède. Les facultés de la tête, comme le dit Fargumentation de saint Augustin, sont en faveur du corps. C'est peu de chose que de dire que les facultés du corps sont les prérogatives de la tête.

« Le Vicaire de Jésus-Christ ne serait pas en rapport avec le corps, si, taudis que le corps est infaillible, lui ne Tétait pas. Il ne porterait pas non plus le caractère de représentant de Dieu, s'il était le témoin faillible d'un chef infaillible. Quoique l'analogie observée par saint Augustin entre la tête et les membres ne puisse strictement s'appliquer au Vicaire du Christ et aux membres de l'Eglise sur la terre, néanmoins cette analogie riuveslit d'une prééminence dans la conduite et la direction de tout le corps, qui ne peut appartenir à aucun autre membre du corps, ni au corps entier sans lui, et cette direction lui appartient à lui personnellement, et à lui seul, comme représentant, à l'égard du corps, les prérogatives de son divin Chef. L'infaillibilité du Chef de l'Eglise s'étend à tout ce qui concerne la Révélation, c'est-à-dire, à la vérité divine, à la loi divine, à tous les faits et à toutes les vérités qui touchent à la foi et à la morale. Les déQnitions de l'Église renferment des vérités de l'ordre naturel, et la révélation de la vérité surnaturelle a des points de contact avec la morale naturelle, la politique et la

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