‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 310 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCLXIX · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCLXIX

philosophie. Les doctrines de la consubstantialité du Fils, de la transsubstantiation et de la constitution de Thumanité, louchent à des vérités philosophiques et à des vérités de Tordre naturel; mais comme elles sont en contact avec la foi, elles tombent dans le domaine de rinfaillibilité de TEglise. Il en est ainsi pour les jugements des Pontifes en matières qui touchent à Tintérèt de rÉglise entière, telles que la condamnation de certaines propositions. Dans toutes les déclarations où il est dit que telles ou telles propositions sont, suivant les cas, hérétiques ou sentant Thérésie, erronées, scandaleuses, offensantes pour les âmes pieuses, ou autres déclarations semblables, Tassistance du Saint-Esprit préserve certainement les Pontifes d'erreur : ces jugements sont infaillibles et exigent Tassentiment intérieur de tous. »

Ce n'était donc pas un journaliste, mais un Archevêque qui posait ainsi la question en 1865. L'ouvrage de Mgr Manning, traduit et publié en France à la fin de 1866, y a obtenu le succès assuré d'avance à une œuvre qui se présentait au public avec l'autorité d'un Évoque placé à la tète de la hiérarchie catholique d'Angleterre. Cet ouvrage, loin de soulever des réclamations, a fait l'admiration de théologiens éminents, tels, par exemple, que le savant abbé Le Hir.

L'Archevêque de Westminster qui, avant d'être catholique, a exercé le ministère au sein du clergé anglican, dont il était une des lumières et une des gloires, n'a pas craint d'eiîrayer les frères dont il s'est séparé, en exprimant hardiment ses convictions sur l'infaillibilité personnelle du Pape, vérité qui eifraye d'autant moins les théologiens anglicans qu'ils souffrent davantage, au sein de leur Église nationale, de l'absence de toute autorité dogmatique. Mgr Manning doit savoir, par sa longue expérience, par ses relations avec ceux dont il s'est éloigné et par sa haute position en Angleterre, dans quelle mesure la vérité peut être annoncée à ses compatriotes sans manquer à la prudence, sans éloigner de l'Église ceux qu'il a tant à cœur d'y ramener. Quant aux journalistes qui ont pu, avec Mgr Manning, exprimer sur l'infaillibilité du pouvoir personnel du Pape IV. 32

une opiiiioa conforme à celle de ce grand Évèque, ils n'ont fait que s'incliner devant une autorité digne de tout leur respect et qu'il eût été téméraire de combattre. Il n'ont pas de leçon à faire à l'illustre successeur du Cardinal Wiseman.

CGLXX

(19 novembre 1869)

Saivant YUnitd catiolicat Mgr Dupanloup reproche à tort à la Civilia cattoliea et à VUnivers d'avoir provoqué une controverse sur la définition de rinfaillibilité du Pape. « Les fidèles, dit-elle, ne peuvent donc pas manifester avant le Concile leur foi et leurs vœux? > L*Évéque d'Orléans ne trouve pas qu*il soit « opportun » de discuter dans les journaux ce point de doctrine; mais sa lettre qui a rempli de douleur tout catholique sincère, et comblé de joie tous les ennemis de la Papauté, est-elle « opportune »? Ne pouvait-il attendre le moment où il émettrait son vote devant le Concile ou suivre Texemple, qu'il a lui-môme cité, des Évoques réunis à Fulda? Quant aux paroles de blàme adressées au journalisme, a-t-il donc oublié que nous sommes à la veille < du premier Concile œcuménique célébré du temps des journaux et du télégraphe >.

Mgr Dupanloup, Ëvèque d'Orléans, a adressé tout d'abord une lettre pastorale au clergé et aux fidèles de son diocèse avant de partir pour Rome. Sa Grandeur a eu la bonté de nous l'envoyer et nous en avons extrait les belles paroles par lesquelles Mgr Dupanloup proleste hautement de son entière soumission au Concile quand bien même les décrets de l'auguste Assemblée seraient en désaccord avec ses opinions particulières. Mais l'Evéque d'Orléans ne s'est pas contenté de cette première lettre. Il vient d'en écrire une seconde, et notre Télégraphe^ qui avait oublié de parler de la précédente, publie celle-ci avec délices. Cette lettre est adressée au clergé du diocèse et a pour titre : Observations sur la controverse soulevée relativement à la dé/ifiition de rinfaillibilité au prochain Concile, Elle est très longue : elle occuperait, si nous voulions la publier en entier, quatre ou cinq de nos feuilles. Le Télégraphe, depuis deux jours, nous représente presque l'Évèque d'Orléans comme un autre père Hyacinthe. Mais faisons d'abord connaître l'introduction de cette seconde lettre :

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