LIVRE III, DOCUMENT CGLXXIX
Point donc de séparation, Messieurs, ni germaniste, ni romaniste, ni ultramontaine, ni dans les définitions dogmatiques, ni autrement; Jésus-Christ a voulu autre chose : Vnum sint.
Laissons là les vieilles et vainés querelles ! Les fidèles ne comprennent que rÉglise avec son Chef suprême, et le Chef avec l'Église.
Âlso keine Trennung mehr :
weder eine gallikanische, noch eine ultramontane ; weder eine germanistische, noch eine romanistische ; weder in der Feststellung von Dogmen, noch anderswo I
Weg mit den alten Streitigkei ten ! Die Mitglieder der Kirche hegreifen die Kirche nur in Verbindung mit ihrem Haupt, und das Haupt in Yerbindung mit der Kirche.
J'arrêterai ici mes citations. Ceux que ces extraits ne convaincraient pas de ridentité complète des deux écrits, ne se rendraient pas à de plus amples preuves, et cependant elles ne manquent pas dans les pages non citées. On y trouverait les prétendues erreurs des Papes, l'histoire de la fameuse bulle Uîiam sanctàrriy les bulles de Pascal II, de Callixte II; on y verrait le texte de Pallavicini entendu en ce sens que Pie lY aurait voulu faire du Concile un véritable jury anglais. Dans ces conditions, il eût donc fallu, pour qu'une chose fût déclarée de foi, raccord unanime des 200 Évêques réunis à Trente (et des 750 assemblés au Vatican). On y constaterait enfin à tout instant que les citations, les preuves sont identiques, si bien que traduire Tailemand, c'est exactement lire le français.
Il reste à Técrivain français un mérite à prétendre, un seul, celui d'avoir précédé l'auteur allemand, qui n'aurait fait que le résumer fidèlement. Mais il y a à cela une difficulté. La lettre de Mgr l'Évèque d'Orléans parut le 17 novembre et les Bemérkwigen parvinrent à plusieurs Évêques allemands au mois de septembre et même au mois d'août. Un certain nombre d'Évêques anglais et américains les reçurent, traduites en anglais, plus tôt encore; elles étaient donc lues sur les rives du Mississipi avant d'être imprimées sur les bords de la Seine. Après avoir recueilli tous les indices, confronté les textes, IV. 34
examiné les mots, étudié Tordre des pensées, il me semble que le texte français est une amplification du texte allemand, et que la véritable patrie de cet écrit ne doit pas être cherchée ailleurs qu'en Allemagne et sur les bords de llsar.
On m'a affirmé que les bandes qui entouraient les premiers exemplaires envoyés à quelques Évêques de TÂllemagne (non pas évidemment à ceux qui romanisent) portaient cette incription : Munchen^ Kônigliche Druckerei, « Munich, imprimerie royale ». C'est donc à Munich que la brochure a vu le jour, autant du moins qu'il est permis à la pauvre intelligence humaine de le conjecturer au milieu d'une telle obscurité ; c'est de là qu'elle a pris son vol pour franchir le Rhin, la Manche et l'Océan, après avoir modifié un peu sa forme et changé de vêtement. Sans doute, ce ne sont là que des présomptions; il ne pourrait y avoir certitude que si la date de ces deux écrits était connue ; or il est impossible de la savoir, puisque l'un des deux a été imprimé en cachette, sine die et sifie consute, et qu il ne porte aucune mention ni de pays, ni d'auteur, ni d'éditeur, ni de libraire, ce qui dans toute législation constitue un délit. Et puis, quel en est vraiment l'auteur? Qui de l'allemand Ta traduit en français, en anglais et le traduira bientôt en italien, si toutefois l'ouvrage ne parait pas trop catholique pour notre malheureux pays ? C'est un secret que nous n'essayerons pas de pénétrer, nous éviterons même soigneusement de le faire. D faudrait pour cela étudier avec patience cette longue et vaste intrigue, suivre cette chaîne de mystérieuses ententes ; je préfère laisser de côté une recherche si pénible et si ardue et étudier le travail en lui-même.