‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 33 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT GCXVII · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT GCXVII

autorité divine enseignante sur la terre K Nous ne pouvons doDc reproduire ici cette démonstration pour la troisième fois, mais nous voulons du moins la reprendre par le côté qui nous rapproche de l'objet propre de cet écrit, en établissant que, parmi les marques auxquelles la véritable Église doit se faire reconnaître, il faut nécessairement compter la divine prétention à l'infaillibilité. Nous allons nous en convaincre.

III. L'infaillibilité surnaturelle. — Une puissance doc trinale divinement établie doit être infaillible. La nature de cette infaillibilité. Sa nécessité.

II ne suffit pas de prétendre à Tinfaillibilité pour être infaillible, cela est évident, mais il n'est pas moins évident qu'une autorité doctrinale qui ne prétend pas à l'infaillibilité ne peut être établie de Dieu, Dieu ne pouvant établir une autorité doctrinale pour nous tromper, ou pour nous laisser dans l'erreur. S'il existe une Église divinement établie, ne faut-il pas qu'elle vienne à nous comme ayant puissance de Dieu : Sicut potestatem habens * ? £t qu'est-ce que cela, chez une autorité doctrinale, sinon la prétention formelle et nécessaire à l'infaillibilité? Jésus-Christ a confié à son Église le dépôt de la révélation, afin qu'elle le transmit dans son intégrité et sa pureté à toutes les générations. S'il a dit à cette Église : Enseignez toutes les nations et tous les siècles^ leur apprenant à croire et à fatre ce que je

1. Cette rencontre voulue par la Providence eût eu lieu partout et toujours, sans la préyarlcation des chefs de certains peuples, comme nous Tavons ailleurs démontré par Thistoire. (Ap'pelet Défi, c. m, § i.) Mais en présence des résultats de cette prévarication, il ne faut pas oublier que, s'il est une Providence qui veille sur le genre humain, et qui a établi les moyens « ordinaires » de salut pour tous les hommes, il est aussi une Providence particulière qui veille sur chacun de nous, et qui n'abandonne pas ceux qui sont arrachés sans leur faute à la connaissance de ces moyens ordinaires. Celui qui est mort aussi pour eux sait bien faire arriver jusqu'à eux le fruit de la rédemption, la lumière et la grâce, à un degré suffisant pour les sauver, s'ils sont de bonne volonté, comme l'enseigne saint Thomas. Chacun de nous, du reste, ne rendra compte à Dieu que de ce qu'il aura reçu.

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