Matth., VII
VOUS ai moi-même enseigné, il n'a pu manquer d'ajouter: Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles^.
Ce que le Christ a dû faire, il l'a fait; et ses paroles nous disent clairement ce que c'est que l'infaillibilité. Elle n'est pas une infaillibilité qui produit ou qui crée, comme le suppose rignorance d'une foule de gens* d'esprit, mais une infaillibilité qui garde. Elle est tout simplement la fidélité divinement promise à Tautorité divinement établie pour conserver le dépôt de la révélation. Elle est la grâce d'état nécessaire à l'autorité religieuse, le secours divinement accordé pour la rendre fidèle ou infaillible gardienne.
C'est ainsi que l'infaillibilité de la foi de tous les membres de l'Église, infaillibilité à laquelle les théologiens donnent le nom àHnfailliblité passive, correspond à l'infaillibilité de l'Église enseignante, à laquelle les théologiens donnent le nom d'infaillibilité active. Mais celle-ci ne suppose aucune nouvelle révélation, aucune nouvelleinspiration même, comme se l'imaginent de grands journaux français que nous avons sous les yeux. Elle n'est, comme nous venons de le voir, que la simple fidélité qui veille à la conservation du dépôt de la parole divine, écrite dans les livres inspirés ou vivante dans la Tradition, et au maintien du sens qui lui fut constamment donné depuis l'origine.
Sans cette institution divine d'une autorité enseignante, nécessairement fidèle ou infaillible, la révélation n'aurait pas de vrai dépositaire, et il manquerait à la société religieuse ce qui ne manquerait ni à la société domestique, ni à la société civile. En effet, dans les choses naturelles, la raison, nous l'avons vu, a son espèce d'infaillibilité qu'on appelle certitude ; et dans l'Église il n'y aurait pas de certitude? Il n'y aurait pas de certitude dans l'ordre de choses où elle est absolument nécessaire, dans l'ordre surnaturel ou du salut? Mais comment avoir la certitude dans l'ordre surnaturel, sans une autorité surnaturelle à son tour, divinement établie pour garder le dépôt et le sens de la révélation ?