‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 338 sur 536 · IV · texte numérisé non relu

IV

Jamais la guerre contre la foi chrétienne n'a été plus acharnée^ jamais les attaques dirigées contre le Saint-Siège n'ont été plus perfides; jamais Tincrédulité n'a disposé de plus de moyens de publicité ; elle trône au sein des Universités, dans les journaux, dans les ouvrages scientifiques; on ne perd pas une occasion de la soutenir. Nous ne sommes plus au temps de la Réforme. Alors on avait à combattre seulement une, deux, mettons vingt erreurs. Aujourd'hui, elles envahissent le domaine entier de la théologie, de la philosophie, de Thisloire, même de quelques sciences naturelles. Celle qui prime entre toutes, tend à détruire dansla racine toute autorité, soit divine, soit humaine, et à substituer l'homme à Dieu. Pour y parvenir, elle a recours aux maximes de la révolution française, et, pour comble de malheur, s'efforce de les implanter jusque dans le sanctuaire. A ce torrent de maux toujours grossissant il faut opposer une digue puissante, indestructible. Ce ne saurait être un Concile, puisque de sa nature il est transitoire. Il peut bien, sans doute, condamner les erreurs d'hier, mais il est impuissant contre celles de demain. Reste le Pape; mais son jugement est-il infaillible? L'école gallicane, l'école fébronienne et leurs autres sœurs cadettes le nient; l'école romaine l'affirme. Cette dernière opinion, nous l'avons dit, est la plus répandue, en France même c'est elle qui est le plus en honneur, toutefois ce n'est pas encore une doctrine solennellement définie.

Ces Évèques et ces fidèles ont toujours cru, toujours espéré que si le Concile œcuménique venait à définir ce point de doctrine, le jugement du Pape en acquerrait plus d'autorité. Jusqu'ici tout vrai fidèle s'y conformait avec empressement, mais cette sanction y ajouterait du poids, bien plus, elle le rendrait inviolable. Nous avons le droit, disent les fidèles, nous avons besoin de connaître la vérité, de la connaître sûrement; or, il nous est impossible de la demander au Concile : voici trois cents ans qu'il ne s'est pas rasseniblé et mille raisons peuvent encore l'empccher de se réunir; il est tout au moins aussi impossible de demander cette vérité à l'Eglise dispersée, car il serait évidemment fort long et très difficile d'obtenir son jugement.

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