‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 346 sur 536 · XI. Les gouvernements · texte numérisé non relu

XI. Les gouvernements

« Qui ne sait quel ombrage TÉglise porte aux gouvernements? Ceux-ci regardent le Pape comme un souverain étranger; la définition les rendrait plus ombrageux encore. Les Évêques d'Angleterre et d'Ecosse ont dû s'appliquer à dissiper cet ombrage; ils se sont élevés contre l'opinion qui attribuait au Souverain Pontife un pouvoir civil sur l'Angleterre et ont fixé les véritables principes. Quand le célèbre Pitt voulut améliorer la condition des catholiques, il s'adressa à plusieurs Universités d'Europe, qui répondirentexpressément querÉglise ne possède aucune autorité civile sur l'Angleterre, bien que plus d'un Pape, dans des bulles célèbres, ait affirmé le contraire. Si la définition a lieu, qu'adviendra-t-il?

ce Les gouvernements non catholiques ne croiront pas à l'infaillibilité, et useront de plus grande rigueur à l'égard de leurs sujets catholiques, obligés d'y adhérer. »

Il est facile de condenser en quelques lignes les éléments de tant d'objections; mais pour les réfuter^ il faudrait des volumes : or, la nature de cet écrit nous réduit à une extrême brièveté.

Il est faux qu'un Pape se soit jamais attribué dans Tune de ces bulles le droit de gouverner civilement l'Angleterre, l'Ecosse ou une contrée quelconque autre que celle dont il a été dépossédé; ce qui est vrai, c'est que plusieurs Papes, dont quelques-uns étaient des saints, déclarèrent indignes de gouverner leur peuple chrétien des rois de scandaleuse conduite et même ils en déposèrent plusieurs. Mais prenez bien garde : si vous dites que prononcer la déchéance d'un mauvais prince c'est se mettre en opposition avec la doctrine de l'infaillibilité en matière de foi (la seule dont il s'agisse ici), je vous répondrai que la question se trouve être résolue par l'infaillibilité d'un Concile œcuménique. Personne en effet, ne doute que le premier Concile de Lyon, tenu en i 245, ne fût œcuménique ; or, il déposa

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