‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 348 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CGLXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CGLXXIX

Restent les gouvernements catholiques.

« Ils prennent, de leur côté, beaucoup d'ombrage. Trois puissances, rAutriche, l'Italie et TËspagne sont engagées dans de déplorables luttes avec TËglise. Si ces gouvernements sont ou ne sont pas coupables (?), on n'a pas à le rechercher ici, on se préoccupe uniquement de l'impression que produirait sur eux le décret de l'infaillibilité. »

L'auteur des lignes que nous venons de citer appréhende fort que ces gouvernements ne s'attaquent de nouveau à l'Église. Que pourraient-ils bien encore imaginer contre elle de si terrible ? Il ne leur reste plus guère qu'à élever des gibets et à remplir outre mesure les prisons. Mais, à mon avis, le voulussent-ils faire, ils ne le pourraient. Trop futile serait le prétexte et il ne serait pas accepté des parlements dont la majorité n'admet ni l'infaillibilité du Pape, ni même celle de l'Évangile. Or, sans le concours des parlements, il serait bien difficile aux gouvernements, même avec la plusferme volonté, d'entreprendre quelque chose de sérieux.

C'est là, avons-nous dit, un prétexte futile ; pour s'en convaincre il suffit de l'examiner d'un peu près. Tout le monde le sait, et les souverains eux-mêmes, catholiques ou non catholiques, ne l'ignorent pas, chaque fidèle est obligé de recevoir avec soumission les sentences du Pape en matière de foi, et ces sentences sont irrévocables. Dans ces conditions importe-t-il beaucoup au souverain que ses sujets catholiques regardent, dans leur for intérieur, comme faillible ou infaillible un jugement auquel il sait que désormais ils sont tenus de se soumettre? Il me semble, au contraire, qu'un gouvernement, tant soit peu soucieux de sa propre conservation, devrait rendre grâce à Dieu de ce que ses sujets croient en un Pape infaillible, car qui croit au Pape* croit à Dieu, et qui croit à Dieu ne conspire jamais pour renverser un gouvernement.

Page 1