LIVRE III, DOCUMENT GCLXXIX
tribunal de l'histoire! Au contraire, pour le dernier, pour le pauvre Pascal II, on a été plus indulgent ; peut-être prend-on pitié d'un homme qui a eu tant à souffrir durant sa vie. Dans sa lettre, Mgr d'Orléans ne consacre qu'une phrase à Libère et à Vigile :
(c Je laisse, dit-il, les difficultés que soulèvent les Papes Vigile et Libère. » Puisqu'il laisse de côté ces difficultés, nous laisserons, nous aussi, les moyens si simples et si connus de les résoudre. Mais il n'en est pas de même pour les Papes Honorius et Pascal II, ils ont à soutenir un rude assaut.
(( Le sixième Concile œcuménique prononça Tanathème contre Honorius, déclaré hérétique ; le Pape Léon II a confirmé la sentence du Concile; les Églises d'Orient et d'Occident l'ont acceptée. Le Pape Léon II et les Églises croyaient donc qu'un Pape s'expliquant sur des questions de foi portées à son tribunal peut encourir l'anathème. »
Au premier abord l'objection parait très grave ; mais, comme elle n'est pas nouvelle, elle ne nous prend pas au dépourvu. Dupin, Bossuet, Richer, Launoy, Thomassin, Noël Alexandre et, tout récemment, Dœllinger^ Le Page Renough* et Janus ' lui ont donné beaucoup de relief, mais ils ont trouvé, pour les réfuter victorieusement, Baronius, Pagi, Ballerini, Assemani, Orsi, et, de nos jours, Schneemann, Rump, Reinerding et le P. Botalla.
Voici en peu de mots l'exposé des faits. On en était au plus fort de la querelle entre les monophysites (ou jacobites) et les catholiques ; ce n'était plus une simple contestation de mots, le débat avait dégénéré en une véritable lutte qui troublait tout l'empire. L'empereur fléraclius, pour y remédier, cherchait un moyen terme entre le vrai et le faux, ce qui^ généralement, n'aboutit qu'à créer une nouvelle erreur. Les catholiques reconnaissaient dans le Christ deux natures, les monophysites