Le Pape Honorius
3. Der Papst und das Concil, von Janus (Leipzig, 1869); etl'ardenal des Bemerkungén,
une seule. Eu amenant les catholiques à n'admettre quune seule opération^ on pouvait arriver à contenter à la fois les deux partis. Aussi Tempereur, qui voulait avant tout la conciliation, recommanda-t-il l'emploi de ces mots : une setUe opération ou activité ((Aia Ivép^eta) , interdisant l'usage de ces autres : une ou deux natures et volontés. Sergius , Patriarche de Constantinople , et deux autres Patriarches se rangèrent à l'avis de l'empereur; encouragé par ce commencement de succès, Héraclius ordonna formellement à tous ses sujets, dans son Ecthesis (&6a(riç) , de croire et d'enseigner cette doctrine. — Mille ans après, à l'occasion des quatre Articles, Louis XIV suivait exactement le même exemple. — Plus tard, le Patriarche Sergius, sentant le terrain manquer sous ses pas, ce qui, d'ailleurs, arrive à tous lesÉvèques courtisans, s'adresse au Pape.
II lui envoie une lettre, toute pleine d'artifice et de ruse où il insinue le poison, en le dissimulant à l'aide de phrases obscures et équivoques. Selon lui, admettre la présence de deux volontés dans le Christ, c'est admettre l'existence d'une lutte sacrilège entre la chair et l'esprit; le Pape n'a donc qu'à approuver la formule impériale et, de la sorte, la paix refleurira dans le monde tout entier. Constatons en passant, dans ce recours au Pape du premier Patriarche de TOrient, un grand hommage rendu au Pontife et la reconnaissance de sa suprématie comme docteur. Pour nous résumer, il arriva que le Pape Honorius qui n'était ni un Etienne, ni un Jules, ni un Damase, ni un Innocent, ni un Léon, voulut, lui aussi, par la même aberration, tout concilier. Il répondit, donc à Sergius, non par une décision dogmatique et solennelle, mais par une lettre privée, qui ne contenait rien d'hérétique, dont les termes seulement étaient quelque peu obscurs. Au moyen de phrases vagues, il laissait la question indécise et se contentait de recommander surtout la paix. Mais si Honorius était d'un caractère irrésolu, il n'en était pas de même du Patriarche de Jérusalem, Sophrone. Il dépêcha vers le Pape l'Évêque de Dore, Etienne, pour lui faire connaître le véritable état de la