IV
ce qui est de rhomme, sans division etsans confusion. » Yoilà bien une doctrine catholique, une doctrine qui peut être insérée dans tout catéchisme catholique. Honorius est donc senleoient coupable de ne pas avoir employé la phrase plus directe, je dirais presque technique, que Sophrone proposait avec raison : Ilya dans le Christ deux opérations ou volontés. Le désir de voir la paix rétablie dans Fempire peut bien atténuer, mais non pas complètement excuser la faute du Pontife, coupable de négligence, de faiblesse, et nullement d'hérésie enseignée et décrétée. On a écrit, à cette occasion, bien des volumes; pour notre part, aux affirmations des accusateurs modernes, nous préférons celles du Pape Jean IV, second successeur d'Honorius^ et de Tabbé Jean, de Rome, religieux qui aida Honorius dans la rédaction de sa première lettre '. Or, l'un et Fautre ont entendu et expliqué dans le sens orlhodioxe et vraiment catholique les paroles du Pape Honorius; de plus, ce document de date récente, ils Pavaient sous les yeux et sans aucune altération. Enfin le glorieux Pape et martyr saint Martin I^ et le Pape saint Agathon n^auraient certes pas honoré et défendu la mémoire d'Honorius, Fun au premier Concile de Latran, tenu en 649, Fautre au second Concile qui se tint en 680, si le moindre soupçon eùl plané sur lui. Et même ils ne craignirent pas d'affirmer que, jusqu'à leur époque, les Pontifes s'étaient toujours montrés les adversaires résolus de Fhérésie.
1. Les paroles de Tabbé Jean nous ont été conservées par le saint abbé Maxime, dans sa discussion avec Pyrrhus (Maximi disput. cum PyrrhOf Mansi, t. X, p. 739). c Nous ayons dit, rapporte l'abbé Jean, dté par saiot Maxime, nous avons dit dans cette lettre (la première écrite par Jean aa nom du Pape Honorius) qu'il n'y a dans le Seigneur qu'une seule volonté (Iv OéX-npiâc), non pas une seule volonté dans la divinité et l'hamanité prises ensemble, mais une seule volonté humaine. A la lettre de Sergius noas apprenant qu'un certain nombre de personnes admettaient dans le Christ deux volontés Tune à l'autre contraires, nous avons répondu qu'il n'existait nullement deux volontés contraires. Tune de l'esprit et l'autre de la chair, comme nous le voyons dans nous autres hommes, après la chute originelle, mais une seule volonté (humaine). » Ici, évidemment, il fait allusion aux paroles si connues de saint Paul : Video cUiam legem in membrts nuis repugnantem legi mentis rneœ (rom. vu, 23), ou bien à cette lutte des facultés inférieures de l'homme contre les facultés supérieures» lutte dont il ne pouvait ôtre question dans la nature immaculée du Christ.