‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 367 sur 536 · LIVRE IIÏ, DOCUMENT CCLXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE IIÏ, DOCUMENT CCLXXIX

assiégeaient la ville avec toutes leurs forces réunies. On coupa les vivres aux habitants, et, en deux mois, ils furent réduits à la dernière extrémité. Le Pape, tout prêt à sacrifier sa vie, comme il le déclara lui-même et sut le témoigner par sa conduite, ne put supporter le spectacle des misères d'autrui. A la vue de centaines d'hommes mourant de faim, il se résigna à concéder le droit d'investiture à Henri V. Je ne prétends pas, et personne non plus ne prétendra justifier sa conduite en cette occasion; à certaines heures, il est des situations terribles, extrêmes, qu'il faut envisager vaillamment plutôt que de trahir son devoir, et Pascal n'a pas eu ce courage. Pie VII, à Fontainebleau, finit par céder et signa les préliminaires d'un concordat, vaincu non par ses propres souffrances, mais par la pensée des maux qu'avaient à endurer des Cardinaux, des Prélats et des prêtres prisonniers. Il en fut de même pour Pascal II, il ne put assister plus longtemps impassible à la misère de Rome. Oui, ces deux hommes ont failli, mais l'un et l'autre ont expié cette erreur par leurs larmes, par leurs pénitences, par une rétractation solennelle et publique. Ce fut même à ce point que Pascal II, pour mieux laver sa faute, voulut descendre du trône pontifical et se faire ermite. Mais quoi qu'en disent l'Archevêque et le concile de Vienne, qui ont été, comme d'ailleurs c'était alors la coutume, si prodigues du nom d'hérétique, il ne serait pas plus raisonnable de vouloir chercher, dans le cas de Pascal II, une hérésie ou une définition dogmatique entachée d'hérésie, que de prétendre trouver quelque chose d'hérétique dans la défaillance de Pie VII; or ceci, jecrois, n'estencore venu à l'esprit de personne.

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