LIVRE III, DOCUMENT CCLXXIX
tion du Pape et du Concile œcuménique pour savoir lequel des deux est supérieur ou inférieur. En séparant du Pape le Concile œcuménique, ils font une hypothèse absurde, car sans Pape, il n'y a pas de Concile œcuménique. Mgr Dupanloup a parfaitement raison de leur tenir ce langage sévère ; ensuite il continue :
<c II en est qui disent : Pierre est tout ; évidemment non, Pierre n'est pas tout le corps. »
Nous avouerons ne pas connaître ces singuliers docteurs, qui font consister toute TÉglise dans la personne du Pape. Ce ne sera toujours pas nous, catholiques de Rome, théologiens et canonistes romains, car nous définissons TÉglise : La société des fidèles chrétiens^ vivant dans la même foi^ dans la pratique des mêmes sacrements, sous la conduite de leurs pasteurs légitimes et du Pape y leur chef suprême. Telle est à peu près la définition de tous nos catéchismes.
Il n'existe pas à notre connaissance un seul docteur qui sou* tienne que le Pape soit TÉglise ou que TÉglise soit le Pape ; et s'il existait, son livre mériterait d'être mis à l'Index.
On ne saurait, par conséquent, dire contre qui est dirigé cet extrait soi-disant emprunté par le Prélat aux Bemerkungen, mais que peut-être les Bemerkungen ont emprunté au premier.
ce Point donc de séparation, Messieurs, conclut TÉvêque d'Orléans, ni germaniste, ni romaniste, ni gallicane, ni ultramontaine, ni dans les définitions dogmatiques, ni autrement ; Jésus-Christ a voulu autre chose : Unum sint. »
C'est vrai, ce sont bien là les paroles de Jésus-Christ ; il n'a voulu qu'un seul troupeau et qu'un seul Pasteur; il a voulu que Rome soit le séjour de ce Pasteur et le siège de son gouvernement, comme celui de son enseignement. Celui qui prêche sa doctrine est sûr de ne se point tromper ; celui qui prêche la doctrine contraire enseigne l'erreur. Ce n'est pas à lui à se taire, c'est aux autres ; les Pères ne disaient pas à leurs adversaires : Vous, de votre côté, et nous, du nôtre, gardons le silence, faisons tous cause commune ; ils disaient : Gardez le silence ; et tant qu'ils vécurent, ils firent de ces luttes avec l'erreur et IV. 38
les doctrines dangereuses leur préoccupation quotidienne. Saint Augustin, saint Jérôme, saint Ambroîse et les autres docteurs, tout grands saints qu'ils étaient, ont regardé ces combats contre l'erreur non pas comme contraires à la charité, mais bien plutôt comme conformes à ses préceptes. D'un autre côté, il serait très difficile d'écrire un traité, et même un seul article sur les rapports du Pape et de l'Église, sans suivre Tune ou l'autre des susdites écoles. L'écrivain partisan d'une telle concilùuion ne saurait certainement ni par où commencer ni par où finir.
Et nous aussi, nous rejetons les doctrines exagérées, excessives ; bien plus, nous les considérons comme dangereuses et funestes ; nous acceptons encore moins ces polémiques personnelles et violentes qui enveniment les discussions, aigrissent et exaspèrent les esprits ; mais ce n'est pas à dire, pour cela, que nous soyons de ces gens qui cherchent la vérité entre la vérité et l'erreur et s'efforcent d'établir entre elles cette alliance monstrueuse qui serait la destruction de toute doctrine saine et durable.
Un peu plus bas, Mgr Dupanloup se permet une singoliëre métaphore :
« Dans Téclat d'un midi tranquille, un seul foyer semble répandre la lumière, mais si la nuit s'obscurcit, on voit au firmament des astres innombrables, afin que l'homme puisse toujours se conduire, mille rayons se fondant sur sa tète dans une seule clarté. x>
A cela, nous répondrons que toutes les étoiles, même de première grandeur^ n'empêcheront pas le voyageur de perdre sa route, tandis qu'il suffira d'un seul rayon de cette a planète qui, par tout chemin, conduit droit au but ».
pianeta
Che mena drîtto per ogni calle.
{Inf.y c. I.)
Et plus bas, nous trouvons cette nouvelle métaphore plus singulière encore :
(c Quand le chêne compte vingt siècles d'existence, creuser