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LIVRE III, DOCUMENT GCLXXIX

défenseurs des libertés de l'Église; mais le résultat de cette lutte n'est que trop connu, le succès a trompé vos efforts; au contraire, les rangs de vos ennemis se sont grossis et le terrain gagné, quoique bien restreint, ne vous est pas même encore complètement acquis.

Que dirai-je de plus? Un terrible malheur menace d'affaiblir, de rompre Funion de TÉpiscopat français lui-mèmer, celte gloire de l'Église universelle. On rejette des hommes vénérés et respectés par tout catholique, français ou non, pour prendre des gens sans caractère aucun, d'un passé parfois douteux, et, chose plus triste encore, les courtisans du pouvoir civil. La sainte Église résiste, dififère, refuse même quelquefois sa sanction; mais la crainte de plus grands maux, l'état déplorable des diocèses privés de Pasteur, enfin, l'espoir de voir certains tenir leurs promesses et redresser leur vie, toutes ces considérations obligent souvent le Saint-Siège à sanctionner, quoique à contrecœur, des choix regrettables.

Monseigneur, voilà un sujet digne de votre éloquence. Brisez ce joug. Dites à l'auguste souverain qui jusqu'à présent a donné tant de liberté aux désirs et même aux passions du peuple d'accorder aussi cette même liberté à l'Ëglise ; il ne serait pas juste, lui direz-vous, de laisser à une compagnie de chemins de fer ou de navigation à vapeur le libre choix de ses présidents et de ses employés et de refuser à cette grande et sainte société qui a nom l'Église, le droit de désigner ellemême ses directeurs et ses ministres, alors surtout qu'elle possède à ce droit dé se gouverner et de se diriger par elle-même des titres à mon avis incontestables, parfaitement fondés, et d'une valeur sans égale. Ce serait, ajouterez-vous, une monstruosité que de voir un ministre sans foi imposer ses Évêques à l'Église du Christ. S'il voulait par hasard user encore de ce droit abusif, qu'il en use, mais alors qu'il ne fixe pas ses choix sans l'avis préalable d'autres Évêques qui, grâce à Dieu, sont encore nombreux en France ; et surtout qu'il demande conseil au Siège apostolique, qui, lui, n'a d'autre intérêt que le plus grand bien de la religion, de cette religion que

m LE CONCILE DU VATICAN.

la France portera ^ans son cœur aussi longtemps que durera son nom.

Si vous obtenez la victoire, les heureux effets s'en feront sentir bien au delà des frontières de la France. Dieu a doaé votre nation d'une initiative si puissante qu^il semble être impossible aux autres peuples de se soustraire à son in* fluence. Ce qui se fera à Paris, se fera à Vienne, à Berlin, à Munich, à Stockholm, à Garlsruhe, peut-être même à Madrid et à Lisbonne, et, nçus Tespérons de la divine miséricorde, se fera aussi, un jour, à Florence. Quel triomphe pour l'Église et pour vous, si nous pouvions quelque jour célébrer cette belle journée! Alors, nous pourrons dire tous ensemble : Bâsc est Victoria quw vincit mundum, Fides nostra.

François Nardi,

Prélat auditeur.

Rome, 2 janvier 4870.

— NOTE. AUTORITÉS SUR LESQUELLES s' APPUIE LA DOCTRINE

DE l'infaillibilité PONTIFICALE.

Nous avons dit précédemment qu'un certain nombre de conciles particuliers s'étaient montrés favorables à la doctrine de l'infaillibilité pontificale. Citons-en quelques-uns :

1*^ Dans les annales du concile provincial de Prague, tenu en 1860, sous la présidence de l'éminentissime et révérendissime Cardinal-Archevêque et Prince Schwarzenberg, onlit àlapageG: « Soliditatem illius fidei qux in Apostolorum Principe laudata est, divifio adnitente prœsidio, perpetuam esse novimus, et sicut permanet quod in Christo Petrus credidit, ita permanet quod in Petro Christus instituit ^ Hinc beatissimum Principis Apostolorum haeredem, PontificemRomanum totius Ëcclesise caput, summum Christi vicarium, omnium fidelium in orbe terrarum patrem, et apostolicam Sedem Romanam omnium Ecclesiarum matrem agnoscimus et reveremur. »

i. Gonfer S. Leonis Serm, II, cap. u.

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