LIVRE III, DOCUMENT CCLXXXI
Tel est le langage de voire école.
Voici maintenant d'autres sortes de polémiques et d'injures, car, quand il s'agit d'iûjures, votre art est fertile :
« L'essentiel, dites-vous, pour les organes du gallicaiiisme et du catholicisme libéral^ n'est-il pas de conserver leurs adeptes ? Et ne s'exposeraient-ils pas à les perdre en laissant arriver
jusqu'à eux la vérité * ? ))
Ailleurs, vous dites : « La déloyauté réfléchie et hardie est HABITUELLE aux amis de VUnion de FOuest, et particulièrement au Français. »
Voilà votre modération, à vous, qui accablez de tant de sarcasmes le parti modéré, les hommes de la conciliation. Et voici un exemple des plaisanteries délicates que vous aimez parfois à leur lancer. Je le trouve dans un répugnant article de cinq colonnes, intitulé : Les libéraux et les singes, et dans lequel vos allusions frappent d'autres libéraux que les libres penseurs. Parmi les singes, « les plus libéraux », selon votre journal, « sont ceux qui n'ont pas de queue j>. Car ceux qui ont une queue « appartiennent, dit-il, an parti modéré,.. Ils tiennent toujours cette queue levée vers le ciel, comme pour le prendre à témoin de la droiture de leurs intentions, de leur amour pour VordrCy la monarchie, la religion bien comprise, et de leur sincère désir de conciliation avec tous; les jésuites exceptés *. »
Mais voici qui n'est plus de la plaisanterie : dans votre ardeur à flétrir les catholiques que vous combattez, vous avez été jusqu'à les représenter. Monsieur, comme plaçant leur suprême espérance dans un homme, dont ils ont hautement déploré les égarements et le malheur : « Il ne restera plus aux catholiques libéraux, avez-vous dit, et aux révolutionnaires, que le P. Hyacinthe ' ! »
Tant d'insultes d'un coup, quelle bonne fortune !
Ces procédés calomnieux vous sont si habituels, que vous les avez appliqués même à desËvêques : enveloppant dans une
\. Univers, 8 octobre 1869.