‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 392 sur 536 · LIVRE Tll, DOCUMENT CCLXXXI · texte numérisé non relu

LIVRE Tll, DOCUMENT CCLXXXI

VOUS lisent, la grâce d'ajouter que l'homme qui a dit : « L'Église c'est une mère, » ne mourra pas en révolté. Vraiment! vous êtes généreux.

Non, il n'y a ici ni Volsques, ni Coriolan. Mais il reste celui que j'appelle, avec TÉcritiire : Accusator fratrunu

Et comment oublier ici ce que vous avez fait à Berryer !

La France entière, laissant de côté, devant la mort et la gloire, toute rancune de parti, se rencontrait, spectacle admirable, dans un sentiment d'unanime admiration pour ce grand caractère et ce grand talent; une voix, pourtant, s'éleva pour insulter cette gloire nationale, une seule voix, la vûtre.

Il n'était pas mort encore, il était mourant, que déjà vous outragiez sa tombe et versiez sur sa mémoire les plus ingrates calomnies.

Vous outragiez tout en lui, le caractère, le talent même, et jusqu'à l'honneur chrétien.

« Il eût pu être un grand caractère, » disiez- vous; mais, chez lui, « la doctrine, la conviction et l'amour manquaient ».

Lui, si constamment fidèle, toute sa vie, à une cause impopulaire, il avait contracté, selon vous, « beaucoup de ces abaissements qu'exige le succès ».

Et son nom, vous hàtiez-vous de dire, « va promptement s'éteindre ». « A la tribune et au barreau, il ne restera rien de M. Berryer; ou plutôt il ne reste rien; c'est déjà fini. »

Et dans ce moment-là même, la Belgique et l'Angleterre, représentées à ses funérailles, le glorifiaient aussi haut que la France.

Et, pendant que M. Berryer faisait cette admirable mort chrétienne que le monde sait, vous outragiez en lui le chrétien même; oubliant tout, vous écriviez : « Parmi ses clients, il n'osa pas compter l'Église de Jésus-Christ. Il a failli à ce devoir, il a manqué à cet honneur. »

Et pourquoi? par le plus vil de tous les sentiments, disiezvous; par peur! « Il n'osa pas... » — « L'homme politiaueeut peurt! »

1, Univ^s, 28 octobre 1869.

618 LE CONCILE TM WATlÙàlL

Et après de tels outrages sur une tombe, c'est vous qal écriviez de vous-même il y a quelques jours : « J'ai la préten* tioQ d'avoir respecté toujours ceux qui devaient l'èlre K »

Et de qui parlait donc le P. Lacordaire, quand il disait :

« C'est à mes yeux un grand honneur que d'obtenir la haiae de tels hommes. J'espère bien qu'ils me traîneront sur leur claie avant que je meure '. »

Vous m'avez accusé d^avoir, en parlant des souffrances da P. Lacordaire et du P. de Ravignan, étonné les fidèles^ — comme vous m'accusiez une autre fois de jouer avec la foi. — J'ai parlé de ce que je savais, Monsieur, et vous, vous avez nié ce que vous deviez savoir mieux que personne'.

Eh bien d'autres que ceux-là, sachez-le, ont souffert de voire rôle dans l'Église, et de votre funeste influence. Et d'autant plus que bien des causes les ont forcés trop souvent de contenir leur indignation et leur douleur.

Mais, aux reproches que je vous adresse ici, Monsieur, vous aimez à opposer, je le sais, une grande excuse. Nous défendons, dites-vous, la doctrine du Pape et de l'Église.

C'est là, en effet, votre prétention : vous vous posez comme

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