LIVRE III, DOCUMENT CCLXXXI
les interprètes les plus fidèles des doctrines romaines et de la pensée de TÉglise.
Non, Monsieur, vous ne les défendez pas, vous les défigurez.
Vous avez reçu de Rome, un jour, des avertissements et des conseils que j'ai le droit en ce moment de remettre sous vos yeux.
Vous n'en tenez compte, ni quant au fond, ni quant à la forme.
On vous disait de ne jamais vous permettre d'infliger la moindre flétrissure à des hommes éminents : Ne qua prœcellentium virorum nofnini labecula adspergatiir.
On vous recommandait d'étudier préalablement, avec beaucoup de soin, toutes les questions que vous traitez : Diligentissime.
D'être très réservé dans vos paroles, quand il s'agit de questions libres et controversées : In illis maxime quss in utramque partem possunt licite disputari.
On vous disait qu'il ne devait y avoir dans vos écrits pour la religion, rien qui ne fût modéré et plein de douceur : Nihil non moderatum, nihil non lene.
On vous faisait enfin remarquer, avec toute sorte d'insistances, que ce n'est qu'à ces conditions qu'on peut espérer de défendre avec utilité la cause de l'Église et du Saint-Siège : Maximam causée ejtis prœstantiam, e jusque Sedis apostolicx excellentiam facilius persuadeat *.
Eh bien, je le demande maintenant, lequel de ces sages conseils avez- vous écouté? Lequel n'avez-vous pas méconnu?
C'est bien pis en ce qui regarde les doctrines.
Vous faites dire à l'Église et au Pape ce qu'ils n'ont pas dit; vous leur faites condamner ce qu'ils n'ont jamais songé h proscrire.
1. c Omnia primum diligenlissîme expendas, idquein illis maxime quœ in utramque partem possunt licite disputari, jugiter cures, ne qua prœcellentium virorum nomini labecula adspergatur. Et vero religiosa qusevis ephemeris cum Dei et Ecclesise oausam sibi assumit propugnandam, et Sedis apostolicse supremam potestatem viadicandam, ita comparata esse débet, ut nihil non moderatum, nibil non lene adhibeat. « (Lettre de Mgr Fioramonti à M. L. Veuillot.)
Quand parut l'encyclique du 8 décembre, n'avons-nous pas eu en effet la douleur de voir les anciens rédacteurs de VUmven, qui s'appelait alors le Monde^ s'accorder avec le Siècle et ses pareils pour infliger au Saint-Père et à l'Église l'injure des mêmes interprétations?
Ils interprétaient les actes pontificaux, sans se soucier de la parole des Évèques, absolument comme s'ils les eussent euxmêmes dictés au Pape.
Sans doute, il y a un faux libéralisme et de faux libéraux, des libéraux menteurs, des libérâtres impies, comme les appelait le comte F. de Mérode, un des plus libéraux et des plus catholiques rédacteurs de la Constitution belge, lequel ne consentit jamais à prostituer l'honneur de ce nom à des hommes qui le méritaient si peu.
Mais il y a, en France, en Belgique, en Angleterre, en Amérique, partout des catholiques excellents, qu'il ne faut pas confondre avec de tels hommes, et qui, dociles aux enseignements du Saint-Siège, repoussent ici, comme ils le doivent, les aberrations et les excès flétris par l'Église.
Il y a donc essentiellement à distinguer. Mais l'école emportée dont nous parlons, ne distingue, j'allais dire, ne veut rien comprendre ici.
« Tout libéral, disaient-ils, étant un partisan du libéralisme, tombe NÉCESSAIREMENT SOUS la réprobation de l'Encyclique.
<( En vain cherchera-t-on à équivoquery en distinguant le trai libéral et le faux libéral. . .
« Qu'on ne dise pas qu'il y a plusieurs manières d'entendre ce mot de libéralisme ^
(( D'aucune manière, en aucun sens, un catholique ne peut se dire libéral' .
« Il n'y a aucune distinction à faire entre le vrai et le faox libéral ; et, en effet, il serait difficile de savoir lequel est le meilleur des deux '. »