‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 399 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CCLXXXI · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CCLXXXI

essayerez de me ranger dans cette catégorie de catholiques indignes, complices^ selon vous, des sectes ennemies, que vous poursuivez tous les jours de vos plus sanglants outrages ! Vous me menacez même des « commentaires et des arguments empoisonnés de la presse hostile ». Je ne vous reconnais aucun droit, Monsieur, de chercher là vos arguments. Je ne réponds que de mes paroles et de leurs conséquences logiques et légitimes. Ce serait là, d'ailleurs, une trop commode manière de vous décharger des responsabilités que font peser sur vous vos téméraires initiatives.

La mission vous manque donc ici, Monsieur, en même temps que le respect : et j'ajoute, avec Mgr TArchevêque de Reims, la science.

Vous prétendez, il est vrai, avec un étrange aplomb, que la théologie n'a que faire ici; et vous répondez obstinément, aux journalistes catholiques de VUnion, de la Gazette de France, du Français et de la France, et aux autres qui se déclarent incompétents sur de telles questions, et s'en réfèrent non à vous, mais au Concile, vous leur répondez qu'il suffit ici de savoir son catéchisme :

c( L'Univers n'a pas eu besoin de faire de théologie, et la France n'a pas besoin de théologie pour apprécier et discuter ses preuves. Sicile sait le catéchisme^ cela suffit *. »

Et V Univers, en effet, discute de telle sorte cette question, qui en renferme tant d'autres, ce journal se jette en de tels excès d'argumentation et d'expression, que la théologie, on le voit bien, ne l'inquiète guère.

Voici un exemple entre beaucoup d'autres :

« Si le Concile est infaillible, qu'a-t-il besoin de l'avis du Pape? S'il ne l'est pas, comment l'avis d'un Évèque faillible lui-même, peut-il (/o;m^r l'infaillibilité? )>

Il est clair que ce docteur, qui se permet de trancher une telle question, ne sait même pas la poser. Il suppose que ses adversaires regardent comme œcuménique un Concile où le Pape ne serait pas.

i. Univers, 5 octobre 4869.

lY. iO

« Il faut DONC, conclut-îl, que l'un des deux, le Pape m le Concile, possède rinfaillibilité, et celui des deux à qui Noire- Seigneur Jésus-Christ Ta promise et donnée, n'a pas besoin de

l/ AUTRE *. »

Ainsi, ces messieurs tiennent absolument à séparer le Pape du Concile.

« Celui des deux à qui Notre-Seigneur Jésus-Christ Va promise et donnée^ » dites-vous? Mais s'il l'avait promise et donnée à tous les deux, au Pape, et au corps épiscopal, réuni ou dispersé? Là est précisément la question, que je n'examine pas ici, mais qui n^est donc pas résolue, pas plus que posée par vous.

Et quand vous dites : « Comment Tavis d'un Évèque faillible lui-même, peut-il (/(>nn^ l'infaillibilité? » quel est, demanderai-je à mon tour, cet étrange oubli de l'origine divine de l'Église, et des promesses qui lui ont été faites par Notre- Seigneur : Euntes docete omnes gentes, Ecce ego vobiscum!

Telle est la force théologique du secrétaire de la rédaction à V Univers.

Voici un autre théologien du même endroit, qui trouve théologique et édifiant d'opposer les décrets du Saint-Siège à l'autorité des Conciles, de la manière que voici :

« Les Conciles œcuméniques n'ont jamais eti de fait autant d'autorité que les décrets du Saint-Siège. . . »

Quoi ! pas même le Concile de Nicée, quand il proclamait la divinité de Notre-Seigneur !

Et que voulait dire saint Grégoire le Grand, déclarant qu'il révérait les quatre premiers Conciles œcuméniques à l'égal des quatre Évangiles ?

Ce théologien laïque ajoute :

« Le Saint-Siège, dans ses rapports avec les Conciles pléniers, a toujours eu sur eux Yavafitage de la justice, de la prudence et de la charité *. »

Apparemment M. Veuillot a trouvé que celui qui écrit do

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