LIVRE III, DOCUMENT GGXVII
« Le catholique sait qu'il ne peut se tromper ; il sait de plus que, s'il pouvait se tromper, il n'y aurait plus de vérité révélée, ni d'assurance pour l'homme sur la terre, puisque toute société divinement instituée suppose t infaillibilité ^ comme l'a dit excellemment l'illustre Malebranche.
« La foi catholique n'a donc pas besoin, et c'est ici son caractère principal qui n'est pas assez remarqué, elle n'a pas besoin, dis-je, de se replier sur elle-même, de s'interroger sur sa croyance et de se demander pourquoi elle croit; elle n'a point cette inquiétude dissertatrice qui agite les sectes. C'est le doute qui enfante les livres : pourquoi écrirait-elle donc, elle qui ne doute jamais ?
« Mais si l'on vient à contester quelque dogme, elle sort de son état naturel, étranger à toute idée contentieuse ; elle cherche les fondements du dogme mis en problème ; elle interroge l'antiquité ; elle crée des mots surtout, dont âa bonne foi n'avait nul besoin, mais qui sont devenus nécessaires pour caractériser le dogme, et mettre entre les novateurs et nous une barrière éternelle *. »
C'est ainsi qu'ont été définies et la consiibstantialité du Verbe contre l'arianisme, et la transsubstantiation^ contre les protestants, définitions qui résument d'un mot l'immuable croyance de l'Église sur la divinité du Verbe et sur l'adorable Eucharistie.
Il ne faut donc pas oublier que la foi de l'Église précède les définitions dogmatiques, et que, pour être vraiment fidèle, il ne suffit ni de croire seulement ce qui est défini contre l'hérésie, ni de croire seulement quand c'est défini contre l'hérésie. Non, il faut croire auparavant tout ce que l'autorité de l'Église nous propose à croire comme révélé de Dieu '.
Du reste, Celui, dont la sagesse sait faire servir le mal au