LIVRE IIÏ, DOCUMENT GCLXXXIII
D est à remarquer que, durant cette période de vingt-cinq ans, Mgr Dupanloup a patronné, dirigé, rédigé même différents journaux qui ont peu duré. Il a eu dans la main VUnion catholique, VAlliance, VAmi de la religion. Il a maintenant son Français, dont le tempérament ne parsdt pas plus robuste. Enfin, sauf le Correspondant, rien n'a réussi, et le Correspondant lui-même ne jette pas l'éclat que les noms de ses principaux rédacteurs permettaient d'espérer. Tout cela est pénétré d'un esprit que les lecteurs catholiques n'acceptent pas.
Nous pensons pouvoir nous arrêter ici. Dans le cas où il semblerait utile de relever quelques citations, pour donner une idée générale du procédé, ce travail sera fait en un jour, non pas complètement, mais d'une manière suffisante. Le Français nous obligerait s'il voulait bien nous dire quelles citations il préfère que l'on vérifie. Nous n'avons pas sai^s doute à prouver que le rédacteur en chef de VVnivers n'aspire nullement à mener toutes les choses de l'Église et du monde, qu'il n'est pas la cause de tout ce qui s'écrit sur la religion dans les autres journaux, qu'il n'est pas tenu de répondre pour tous les écrivains dont il a cité une parole, etc. Ces abondances sont d'un caractère trop peu sérieux.
Il serait également superflu et pénible de s'arrêter à certains mots qui ne devraient pas se trouver sous la plume d'un Évéque, ni même dans le vocabulaire d'un académicien. Nous espérons bien qu'il n'y arien de vil dans nos polémiques, parce que nous ne sentons rien de venimeux dans nos cœurs. C'est une triste merveille de l'esprit humain que de telles expressions se puissent rencontrer au cours d'un travail dont le but est d'exhorter à la modération; et il est contre les bienséances de l'art, de donner à une philippique la tournure épistolaire et de terminer des malédictions et des exécrations par la signature de l'homélie.
Ceux qui savent où Mgr l'Évêque d'Orléans a pris Vaccusator fratrum qu'il nous applique au commencement, dans le milieu et à la fin de sa lettre, en trouveront sans doute l'application un peu forcée. Cet acctisator fratrum nostrorum (Apoc. xii, 10)
eu LE CONCILE DU VATICAN.
c'est le diable qui accuse nuit et jour les saints de Dieu, et il est enfin jeté dehors. Ce serait bien de la rigueur contre un pauvre journaliste, coupable seulement, après tout, d'avoir souhaité la définition de Tinfaillibilité à rencontre de ses frères de la Sorbonne et du Correspondant.
Un dernier mot, car il faut faire place à Mgr TÉvêque d'Orléans. Si nous considérons la part que le Prélat semble avoir prise aux délibérations secrètes des Allemands, au manifeste du Correspondant, et enfin au Mémoraïidum anglais qui est survenu hier du fond de TAmérique, nous pouvons à bon droit considérer cette dernière expédition contre YUnioers, comme une diversion aux lumières que toutes ces circonstances jettent à la fois sur sa théorie de Tinfaillibilité. Mais la lumière est faite, et la diversion, qui a déjà Tinconvénient de n'être pas juste, a encore le malheur de venir tard.
Nous laissons la parole à Mgr TÉvèque d'Orléans.
Louis Veuillot.
P. S. Nous avions achevé d'écrire ce qui précède, lorsqu'une épreuve en brochure de V Avertissement nous a été remise. Elle était accompagnée de la lettre suivante :
{Suit la lettre de Mgr Dupanloup. — Voir doc, cclxxxii.)
Quoique le messager de Mgr l'Évèque d'Orléans ne soit pas arrivé en temps opportun, nous tenons à dire que la commission a été faite. Quant à la permission de discuter l'écrit, elle était de droit, et nous l'avons prise dans les limites fixées par nous-mème. Nous ne croyons pas que ce soit nous que l'on puisse accuser d'attaques détournées.
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