LIVRE III, DOCUMENT GGLXXXVII
sitoire du mois de mars ce que les Observations sur rinfaillibilité sont à l'encyclique anonyme envoyée aux Évèques d'Allemagne, d'Angleterre, d'Amérique, d'Espagne, etc.
Répondant au Français, nous disions, le 28 mars : « Il est surtout indigné d'entendre dire que le Concile pourrait définir rinfaiUibilité du Pape d'une voix unanime par acclamation. Nous avouons que nous ne partageons pas sur ce point l'espérance du correspondant de la Civiltà cattolica; mais nous cherchons ce qu'elle a d'anticatholique, et quel crime on commet en supposant que le Concile peut être unanime sur ce point de doctrine, et se croire dispensé de le mettre en discussion avant de le définir. » Voilà comment V Univers a annoncé que l'infaillibilité du Pape serait définie par acclamation.
Mgr l'Évèque de Nimes d'une part, les théologiens de la Civiltà cattolica de l'autre, ont démontré que l'hypothèse d'une définition par acclamation n'a en soi rien d'impossible ou d'absurde. M. Louis Yeuillot l'a fait après eux. De telles autorités sont assez graves : V Avertissement avait-il le droit de n'en tenir aucun compte?
Les raisons qui nous empêchaient de partager les illusions du correspondant de la Civiltà sont bien simples : nous avions lu le discours de M. Baroche et les articles des abbés de VÉtendard. Nous n'avions pas oublié tout ce qui s'est passé à Paris depuis plusieurs années, et spécialement depuis le Syllabus; nous savions quel ouvrage Mgr Maret allait nous donner; quels témoignages de sympathie ce Prélat avait reçus à Orléans et ailleurs, etc. , etc.
Un journal, alors en relation avec la Sorbonne, le Public, seconda de son mieux le Français dans sa campagne contre la Civiltà cattolica. Si la question de l'infaillibilité a été Jetée dans larueetdans la presse \ c'est bien aux inspirateurs de ces deux feuilles qu'on le doit. Leur parti s'est appliqué avec une persévérance infatigable à ne pas laisser tomber la controverse. Dès qu'elle paraissait languir, il s'empressait de la ranimer.
i. ObsorvaHons, etc., g i.
C*est ainsi qu'il nous a donné successivement un acte d*adhésion aux fameuses adresses de ses amis d'Allemagne, le livre de Mgr Maret, le manifeste du Correspondant^ et enfin les Observations de Mgr TÉvêque d'Orléans. En présence de telles manifestations qu'exploitait toute la presse anticatholique de l'Europe, V Univers n'di pas gardé le silence : voilà son crime.
Au mois de mars, nous vîmes dans l'accord du Public et du Français contre la Civiltà cattolica, la preuve que l'alliance était faite entre le gallicanisme impérialiste et le catholicisme libéral. Plus tard, nous avons vu la preuve d'une entente entre le catholicisme libéral de France et le catholicisme libéral d'Allemagne, dans l'adhésion donnée aux adresses de Coblentz et de Bonn, et dans le manifeste du Correspondant réalisant les prophéties de la Correspondance de Berlin. A ce propos, VAvertissemejit nous reproche d'avoir parlé à'intrigue et de ne pas distinguer entre l'Allemagne et la France^ entre le libéralisme et le gallicanisme. Nous savons très bien que, malgré l'affinité des deux erreurs, le gallicanisme n'est guère pour le catholicisme libéral qu'une machine de guerre. Sans le Syllabus, auraît'il songé à nier l'infaillibilité du Pape ? Que de catholiques libéraux y croient encore : on l'a bien vu à l'impression produite sur le plus grand nombre par la circulaire de Mgr Dupanloup. Nous savons aussi que les catholiques libéraux de France, même les plus avancés, sont fort loin d'être à la hauteur des catholiques libéraux d'Allemagne, et que s'ils connaissaient les théories du chef de ces derniers, M. l'abbé Dœllinger, ils les repousseraient avec horreur. Nous savons enfin que la plupart ne voient pas où vont leurs principes, et ne sont pour rien dans les manœuvres secrètes du parti ; mais l'aveuglement des adeptes ne diminue pas le danger d'une fausse doctrine* et c'est la doctrine, non les hommes, que nous attaquons. L'innocence de ceux qui suivent ne doit pas non plus nous fermer les yeux sur les habiletés de ceux qui mènent. C'est pré-