‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 425 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CCLXXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CCLXXXVII

Gisement la diversité de tous ces éléments : gallicanisme et libéralisme, gallicanisme français et joséphisme allemand, catholicisme libéral de France et catholicisme libéral d'AUemagnCy orléanisme catholico-libéral et impérialisme catholicogallican, qui nous fait trouver leur coalition peu naturelle. Les voilà tous déchaînés, poursuivant un même but, et venant, on ne peut plus à propos, en aide aux gouvernements dont M. Ba*roche et le prince de Hohenlohe ont exprimé la pensée. Quand même on ne saurait rien de plus, serait-il possible de ne pas voir dans ce concours le résultat d'une intrigue ourdie contre le Pape et le Concile pour les empêcher de s'occuper de Tinfaillibilité et du Syllabus ?

Le correspondant de la Civilià avait dit que l'immense majorité des catholiques et du clergé de France désiraient la définition dogmatique de Tinfaillibilité, et que, sauf quelques exceptions, rÉpiscopat français professe et enseigne la doctrine romaine. Le Français et le Public s'inscrivirent en faux contre ces affirmations. Pour nous mieux confondre, le Public nous dit qu'il avait lu tous les mandements des Évêques sur le Concile, et qu'il n'y en avait pas un qui enseign&t cette doctrine. Quant au clergé et aux fidèles, où étaient les preuves du vœu qu'on leur attribuait? Nous avons cité les mandements de NN.SS. les Ëvêques, nous avons reproduit les adresses du clergé au Pape remises aux Prélats des divers diocèses, nous avons publié les listes de souscription pour le Saint-Père et pour le Concile. La Sorbonne et l'évêché d'Orléans demandaient cette démonstration. Ils l'ont maintenant, c'est là ce qui les fâche.

« De quel droit, demande YAverlissemeni, vous êtes-vous permis de tracer aux Évêques un programme ?» — Le programme, c'est la correspondance de Paris publiée par la Civil td IV. 42

cattolica et reproduite par V Univers. De deux choses rune, ou on n'a vu dans cette correspondance que ce qu'elle était réellement, la lettre d'un particulier exprimant son opinion sm* la situation des esprits en France, sur les vœux et les tendances des catholiques de notre pays, et alors il est impossible de concevoir qu'on ait pu prendre cette lettre pour un programme; ou bien son insertion dans la Cimltd ca^to/tca, jetant la terreur dans les âmes gallicanes et libérales, leur a persuadé qu elle avait une tout autre signification, une tout autre portée, et alors ce n'est pas à V Univers que s'adressent leurs remontrances.

On lit encore dans Y Avertissement : « C'est avec douleur, Monsieur, que j'ai dû traiter cette grave question d'opportunité, si témérairement et si violemment résolue par vous, tous les jours. C'est vous qui m'avez ici imposé cette contrainte et ce devoir par vos excès. » h' Univers avait, comme tout le monde, le droit de traiter cette question. Mais de fait, avant les Observations de Mgr TÉvèque d'Orléans, il s'est toujours abstenu de le faire. S'il en a parlé, ce n'a été qu'incidemment : une première fois pour répondre au Français qui, dans son article du 18 mars contre la Civiltà cattolica^ nous révélait déjà les raisons principales que Mgr Dupanloup, contraint par les excès de V Univers j devait développer le 11 novembre contre Topportonité d'une définition; une seconde fois, par la publication d'une lettre qu'avait bien voulu lui adresser en épreuve Mgr l'Archevèque de Malines ; une dernière fois, le 28 octobre, encore pour répondre au Français^ en ces termes :

c< Avec ou sans le Concile, le Souverain Pontife peut seul résoudre celte question. Mais quand même il jugerait dans sa sagesse que le moment n'est pas encore venu de définir l'infaillibilité du Pape, la doctrine qui l'affirme ne perdrait rien de sa certitude, et, après comme avant le Concile, ce serait toujours un devoir de la défendre contre toute attaque. Ceci soit dit en passant pour répondre aux insinuations de certains écri-

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