‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 426 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CCLXXXVII · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CCLXXXVII

vains, organes d'hommes moins sincères et plus habiles que Mgr de Sura. Aies entendre, nous empiétons sur les droits souverains du Concile et du Saint-Siège en répondant au livre de Mgr Maret, en défendant contre ce Prélat la doctrine de FËglise snr les prérogatives divines du Vicaire de Jésus-Christ. Confondant à dessein la question de l'opportunité d'une définition dogmatique, dans laquelle ils se retranchent prudemment, avec la question de doctrine que Mgr TÉvêque de Sura a soulevée, à leur grand déplaisir, ils voudraient faire croire que celle-ci est aussi douteuse que l'autre. Nous ne voulons pas nous prêter à cette tactique. »

Le 18 novembre, M. Louis Veuillot disait : « Aujourd'hui plus que jamais, et plus après la lettre pastorale de Mgr Dupanloup qu'auparavant, on ne peut empêcher qu'un immense cri s*élève de la conscience catholique pour demander une solution. Une question vitale s'est invinciblement posée : sur cette question les uns nient, les autres affirment : Ad quem ibimus? »

Voici comment V Avertissement rapporte ce passage : « Vous demandez en ce moment qu'un immense cri s'élève et force les Pères du Concile à se saisir de la question posée par vous et à prononcer. Mais encore une fois, qui êtes-vous donc, et pensezvous pouvoir, du haut des colonnes de votre journal, peser sur la future Assemblée œcuménique, comme du haut des tribunes d'une assemblée politique? )>

11 parait, d'après ces dernières paroles, que «c du haut des tribunes d'une assemblée politique » on peut très légitimement chercher à peser sur le Concile. Nous avouons que, de la part d'un journal, pareille entreprise nous semblerait une folie assez inoffensive. Une assemblée politique est assurément beaucoup plus redoutable, et il faut que les idées libérales aient bien profondément altéré le sens catholique pour qu'un Ëvèque puisse reconnaître un tel droit.

a La question posée par vous. » Quelle question? La question d'opportunité? C'est le Français, journal de Mgr l' Ëvèque d'Orléans, et puis Mgr l'Évéque d'Orléans lui-même, qui, les premiers, l'ont livrée à la discussion. — La question de

doctrine, ce peut être une question pour les gallicans, ce n*ea est pas une pour les catholiques dociles aux enseignements du Saint-Siège. L'infaillibilité du Vicaire de Jésus-Christ est la croyance de TËglise ; notre droit et notre devoir sont de la propager et de la défendre^ en tout temps, en tout lieu et contre tous. Avoir été le premier en France à combattre Terreur qui la met en doute, serait pour VUnivers un grand honneur. Hais il n'a pas cette gloire ; depuis bien des années cette doctrine nous est enseignée, sauf quelques exceptions, par NN. SS. les Évéques. Il est vrai que depuis un temps assez long et qui remonte plus loin que les discussions présentes, elle est combattue, à Paris surtout, avec une persévérance opiniâtre; noos n'en voulons indiquer qu'une preuve : Mgr Dupanloup a sans doute entendu parler de certains ecclésiastiques qu'on appelait les abbés de r Étendard et de leurs relations avec la Sorbonne. Si donc, pour employer l'expression de V Avertissement, la question a été posée, ce n'est point parle fait de VUnivers, mais par le fait de ceux qui ont entrepris de ressusciter le gallicanisme.

Le cri de la coîiscience catholique demandant une solution est un fait, et lorsque de tels faits se produisent, il n'est au pouvoir de personne de les tenir cachés. Gomment I Yoilà cinq ou six Évêques qui, sur la question fondamentale, de la règle de la foi, la question d'où toutes les autres dépendent, contredisent publiquement l'enseignement public de leurs collègues, et ils prétendent avoir d'autres adhérents parmi les Prélats qui n'ont pas encore rompu le silence. Ils donnent comme preuve de la vérité de leur opinion que la doctrine niée par eux n'a pas encore été définie, et Ton prétend interdire aux fidèles, comme un crime, le vœu de voir cesser de telles divisions, d'avoir une règle de foi incontestée, de savoir si, oui ou non, ils doivent croire à la parole du Vicaire de Jésus-Christ, ou s'ils demeurent libres de la rejeter, sous prétexte qu'on ne sait pas, qu'on ne peut pas savoir s'il est infaillible, s'il a rempli toutes les conditions voulues pour une décision ex cathedra, si la majorité des Ëvèqaes répandus sur la surface de la terre accepte son enseignement.

Mgr Maret, et probablement ses amis avec lui, répondent

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