‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 467 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CCGVI · texte numérisé non relu

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dogmatiques. A cet égard, elle a toujours repoussé Fingérence du prince.

Pendant tout le temps que Tempire a duré, ni le Pape, ni les Évèques, ni aucune autorité dans l'Église n'ont douté que le droit de convoquer le Concile général n'appartînt à l'empereur. C'est à lui et à lui seul qu'il appartenait d'intimer à tout le monde la convocation * .

On ne veut pas dire par là que le Pape soit exclu du droit de convocation. A lui plus qu'à tout autre il convient de venir en aide par un Concile à l'Église en détresse, car il est le lien de l'unité catholique. Ce qu'on veut dire, c'est que la convocation ne lui appartient pas exclusivement, ni de droit divin, ni de droit canonique. Si aujourd'hui les princes ne convoquent pas le Concile, c'est que les circonstances ne sont plus les mêmes, et qu'il leur convient de s'abstenir; mais ils n'en ont pas pour cela perdu leur prérogative, et des circonstances peuvent se présenter où ils doivent l'exercer.

Le changement de la discipline conciliaire a commencé vers le tx* siècle. Alors, l'Europe étant divisée en plusieurs royaumes et ne formant plus une société sous un seul maître, la convocation d'uu Concile aurait rencontré de nombreux obstacles au milieu de cette division d'États et de princes opposés les uns aux autres. Le mode de convocation changea, et dans un but purement disciplinaire elle fut laissée au Pontife romain par un accord tacite des princes. Mais on ne peut conclure de ce changement de discipline que les princes aient abandonné leur droit. Ils en interrompirent l'exercice au milieu des événe-

\ . Le jésuite Jech prétend que le droit de convoquer les Conciles a été reconnu au Pape depuis le iv" siècle. Il cite les historiens ecclésiastiques Socrate et Sozomène, qui donnent une lettre du Pape Jules ; mais le canoniste romain cite à faux, car les paroles de Jules ne concernent pas le droit de convocation en général, mais la convocation controversée de deux Conciles à la fois pour la môme cause, et quelques prérogatives de TÉglise de Rome sur l'Église d'Alexandrie. Voir les remarques de Pierre Constant, sur ce sujet {Coll. Epist, Roman. Pont.). Isidore Mercator a été le premier à donner un sens général aux paroles de Jules, et il a publié sur ce sujet une lettre apocryphe qui trahit son dessein. Plusieurs de ses citations des décrétaies, contraires à Thistoire, sont aussi falsifiées et ausài inexactes que la lettre apocryphe d« Jules.

menls qui bouleversèrent TËurope du moyen âge et désor* ganisèrent même Tordre ecclésiastique ; mais ils le reprirent sous une autre forme à ravënement de la civilisation nouvelle.

Le premier Pape qui ait revendiqué pour lui seul la convocation est Nicolas P'. Il n'osa pas toutefois abolir d'un coup Tancienne législation, car il ordonna que ses lettres de convo* cation fussent adressées aux princes et discutées avec eux en présence des légats pontificaux ' ; mais les Papes des décrétâtes, ces Papes glorifiés par les canonistes ultramontains, ne gardèrent plus de retenue, et secouèrent toute soumission à Tempire. Ce fut Grégoire VII qui accomplit cette œuvre révolutionnaire. Le pouvoir papal étant arrivé à son apogée, il s'arrogea le droit exclusif de rassembler l'Église universelle où et quand il lui conviendrait.

Tous ceux qui ont étudié Thistoire savent que le Concile de Constance, intimé d'abord par Jean XXIII, fut en réalité convoqué par l'empereur Sigismond, par les rois de France et d'Espagne et par d'autres princes chrétiens, qui employèrent dans ce but leurs soins assidus, de longues négociations et même des menaces à l'adresse des opposants. Le Pape fut forcé de publier la bulle de convocation malgré ses résistances, ce qui donna lieu à un mot piquant, savoir que les Universités, les Évéques et les Cardinaux s'étaient accrochés au manteau de César pour entrer au Concile *.

Le droit des princes est reconnu et confirmé par Pie II dans ses lettres exhorlatoires sur la réunion de l'Église. « Tu vois, dit-il dans une lettre, en quel état se trouve la république chrétienne : il n'y a plus ni clergé ni peuple, l'Église est déchirée. Notre invincible empereur souffre de cet état de choses, et il

i. Dans son Épître au concile de Metz, Nicolas I*' recommande que ses Légats soient honorés comme présidents, et qae ses lettres de convocation soient communiquées au roi Charles et 'discutées avec lui en présence de ses ministres.

2. Dans sa lettre de convocation du Concile de Constance, Tempereor se sert de paroles qui signifient que le Concile est convoqué par sa seule autorité, car il n'y est pas question du Pape. (Voir Von Harut, t. III ; l'abbé TosTi, Histoire du Concile de Constance, liv. II.)

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