Concile de Chakédoine, art. i
3. Quand des Évoques espagnols proposèrent d'eiclure les ambassadeurs des congrégations du Concile de Trente, les Pères répondirent que cette exclusion serait une grave offense pour les princes catholiques, et qu'elle était contraire à la jurisprudence des Conciles. (Visconti, Lettre du 15 mai 1563.)
4. Les ambassadeurs ayant eu connaissance du décret du Concile de Trente concernant l'élection des Ëvêques, s'efforcèrent de l'écarter, parce qu'il restreignait trop l'autorité des princes et leur droit de présentation et de nomination. Leurs efforts furent enfin couronnés de succès. Les ambassadeurs vénitiens demandèrent que le décret sur le divorce pour cause d'adultère fût réformé, et on trouva un moyen de satisfaire leur désir. (Visconti, Lettre du 2 août 1563; Pallavic, lib. XXII, c. iv.) Dès la première session, on agita la question de la formule c proponentibus Legatis ». Les ambassadeurs la firent échouer. Elle revint encore à la septième session, mais toujours avec le même insuccès. Ce ne fut qu*à la XXIV* session qu'elle fut introduite avec des tempéraments et des explications qui en restreignaient la portée. Le roi de France fit proposer au Concile 33 points de réforme de l'Église pour être examinés et discutés par les Pères. (Dupuy, !f^.,p. 368; PALL.,lib. XII, cap. i; DETH0U.,lib. XXXV; Spond., n. 2.) L'empereur fit aussi introduire des questions à traiter. (Visconti, Lettre du 2 aom 1563.)
Pour intervenir au Concile et prendre part aux délibératioas, il est nécesaire que l'État s'y prépare comme le font les congrégations établies à Rome. Il faut rappeler, à ce propos, avec quelle prudence se conduisirent les gouvernements au moment de la convocation du Concile de Trente. Longtemps avant Toaverture, ils avaient eu recours aux plus célèbres théologiens, et les avaient consultés sur les droits de la puissance civile, sur la conduite à tenir et sur les questions à introduire. Les ambassadeurs ne furent pas seuls dans les congrégations préliminaires; ils furent accompagnés des plus savants docteurs de l'époque, en qui ils avaient pleine confiance. Ces docteurs conseillaient, inspiraient les ambassadeurs, écrivaient les mémoires et les consultations qui devaient être envoyés aux princes '.
L'approbation ou l'acceptation des décisions des Conciles fut toujours demandée aux princes et très souvent refusée par eux, sans que l'État opposant fût pour cela séparé de la communion catholique ou soumis à une censure. Tous les décrets, et particulièrement ceux qui concernaient l'action extérieure de l'Église, ou ceux qui avaient un rapport quelconque, même indirect, avec l'exercice du pouvoir civil, n'étaient tenus pour valides qu'autant qu'ils avaient été approuvés et publiés par les représentants du prince, préalablement consulté à cet égard.
Dans l'épître synodale du deuxième Concile œcuménique, les Pères professent qu'il est de leur devoir de porter à la connaissance de l'empereur tout ce qu'ils ont décrété et délibéré, et ils lui demandent son approbation ^ Le Concile d'Éphèse prie l'empereur de ne pas considérer comme légitime le synode
1. Le roi d'Espagne ordonna aux théologiens de Louvain de se réonir et de proposer les points dogmatiques dont le Concile de Trente derait s'occuper. Les points qu'ils arrêtèrent furent au nombre de 32. Lear rapport fut confirmé par un édit du prince. (Rayn., ji. 85.) Le roi de France convoqua ses théologiens à Melun dans le môme but, et il j fut arrêté 25 points de dogme, les mêmes qui avaient déjà été proposés & Paris. (DupuY., Mém,, p. 9; Hew., lib. X, p. 256; Spond., ad ann. 4545.)
2. c Rogamus itaque clementiam tuam ut per litteras quoque tus pietatis confirmetur Concilii decretum, ut sicuti lltterariis quibus nos convocastis Ecclesiam honore prosecutus es, ita etiam finem eorum quo décréta sniitf obsignes. » (Aci, corn. Conc. i Constant,)