I. De l^ auteur et dk son langage
Nous attendions de Florence un opuscule traitant la question du Concile; nous nous étions figuré voir ce travail paraître sous la signature du ministère, ou plutôt sous celle de son chef, et voici qu'il ne nous arrive qu'un méchant pamphlet, non pas en italien, mais en français, daté non pas de Florence, mais de Paris. La première page ne porte que le nom de Dentu; c'est l'éditeur ordinaire de ce genre d'écrits. Mais le mot de l'énigme va nous être donné. Tournez cette première page, et veus pourrez lire au bas du verso : Florence^ JRegia tipografia, via Condottay n^ 14. D'ailleurs, cet opuscule, qu'il soit de Paris ou de Florence, n'a de français que l'enveloppe, et encore une enveloppe assez transparente pour laisser entrevoir le fruit, qui ne sent que par trop sou origine italienne. Les preuves en sautent aux yeux. A propos de la Bible, un Français ne cite pas les versions de Martini et Diodati (note de la page 9) ; mais il emprunte celles de Sacy, de Bouhours, d'Amelot, de Lallemand. Un Français ne dit pas critère, ni codex pour code; il n'écrit pas concistoire, pas davantage pensa de convoquer^ ni préséance après les Légats^ ni qu'il est leur devoir pour de leur devoir, ni enfin bien d'autres barbarismes de la même force, que nous citons au bas de la page pour ne pas fatiguer le lecteur \ Évidemment, nous avons ici
i. « Si les hommes les plus avisés de l'Église, des Cardinaux » (p. 5); « mais de qui se compose l'Église? » et toute la phrase on ne peut plus embrouillée qui suit (p. 8); < comme ils firent », au lieu de c comme ils le tirent», ellipse tout à fait italienne (p. iO); « de sa mission de veiller » (p. li); < dans ses bases juridiques > (ibid,); < entreprise séculaire pour s'émanciper » (ibid.); < consenti et favorisé par les princes » (p. 48); c questions ne soient mises en délibération » (p. 18), etalia quamplurima.