LIVRE m, DOCUMENT CGXVII
de même de celui-ci. Avant de poursuivre notre route, nous voulons nous arrêter un instant, et montrer au rationalisme que nous sommes sur le chemin de Dieu.
Nous prenons donc en main le livre universellement connu sous le nom d'Évangile, où nous venons de lire Tinstitution de r Eglise enseignante et de la primauté de Pierre, et nous demandons au rationalisme à quel siècle ce livre appartient? Le rationalisme avoue que les Évangiles, tels qu'ils sont aujourd'hui, appartiennent au premier ou au second siècle de notre ère. Eh bien, c'est assez, et nous dirons avec Bossuet qvUil rien faut pas davantage pour démontrer à la raison que Dieu a réservé à ce livre une marque de divinité qui ne souffre aucune atteinte.
Et pourquoi n'en faut-il pas davantage?
Parce que ce livre annonce, prophétise avec une clarté souveraine, des choses humainement irréalisables, et qui sont cependant réalisées sous nos yeux.
Cette harmonie de l'Évangile avec le fait immense et tout vivant de TÉglise prouve même quelque chose de plus : elle prouve à la fois la divinité du livre qui promet ce fait et qui le décrit dans ses étonnants détails, et la divinité du fait lui-même qui lui correspond.
Trois paroles entre mille de ce livre divin suffiront pour nous en convaincre, trois paroles de TÉvangile, justement relatives à l'institution du ministère apostolique et à l'unité de l'apostolat.
Voici la première de ces paroles.
Jésus-Christ apparaît à ses disciples et leur dit :
La paix soit avec vous. Et il leur montra ses mains et son côté. Les disciples eurent donc une grande joie de voir le Seigneur. Il leur dit alors de nouveau : La paix soit avec vous. Comme mon père m'a envoyé, je vous envoie. Et, répandant sur eux le souffle de sa bouche, il ajouta : Recevez le Saint-Esprit. Les péchés seront remis à qui vous les remettrez; et à ceux à qui vous les retiendrez^ ils leur seront retenus *.