JOAN., XX
Evidemment, ces paroles sont divines si elles n'expriment pas le rêve d'un insensé ; car qui peut remettre les péchés si ce n'est Dieu?
Qui peut donner l'Ësprit-Saint, si ce n'est Dieu?
Quelle puissance peut se servir des hommes pour purifier les âmes, si ce n'est la toute-puissance ?
Qui peut transmettre la vie divine de la grâce par les causes secondes, si ce n'est la cause première?
Quelle scène que ce souffle divin répandu, que ces mains percées, glorifiées, étendues, que cette parole enfin : Sicut misit me Pater, et ego mitto vos. Accipite Spiritum Sanctum. Quorum remiseritis peccata^ remittuntur eis : et quorum retitmeritis, retenta sunt !
Mais si tout cela est divin, si ces paroles sont divines, une chose est, pour ainsi parler, plus divine qu'elle : c'est leur accomplissement.
Ouvrez donc les yeux, rationalistes et sectaires de toutes sortes^ et regardez la catholicité. Yoyez-la cherchant dans tous les siècles, depuis Jésus-Christ, la rémission des péchés comme un Dieu seul a pu la faire chercher ; l'homme agenouillé devant l'homme ; l'homme expiant par la vérité de ses aveux la triste vérité de ses souillures; l'homme ouvrant sa conscience, et découvrant les taches de son âme dans le temps, pour ne pas les emporter dans l'éternité ; Thomme s'humiliant pour être relevé, le Chef de l'ËgHse universelle aussi bien que le dernier des chrétiens!
N'est-il pas manifeste que, si Dieu seul a pu ordonner cette expiation de l'esprit et du cœur. Dieu seul aussi a purol)tenir?
Oui, tout est divin ici, et la loi qu'aucune puissance humaine n'eût pu porter sans folie, et Tobéissance à la loi que la nature humaine n'eût jamais observée sans la grâce.
Encore une fois, ouvrez les yeux vous qui les fermez à ce spectacle, et voyez ce qui est clair comme la lumière du jour : que rÉvangile, dans ce prodigieux passage, n'est pleinement intelligible que par le fait divin et tout vivant de la pénitence saci'amentelle ; que le monument écrit du Nouveau Testament