V. Les huit PREnnERs Conciles œcuméniques
i< Il est certain que les huit premiers Conciles généraux, reçus de toute TÉglise, ont été convoqués par les empereurs romains, tantôt sur la demande du Pape^ tantôt contre sa volonté et malgré » lui (p. 13). A l'appui de sa première affirmation, il cite en note ce fait, que Galla Placidia, au nom du Pape saint Léon, pria l'empereur de convoquer un ConcOe. Pour la seconde, il se contente de faire appel à Tautorité de Bossuet {Défense, 1. III, c. iv, v). En fait de preuves, on ne peut être plus sobre. Mais admettons cette assertion pour un instant : les huit premiers Conciles ont été convoqués par les empereurs. Et les dix suivants? n'ont-ils pas été convoqués par les Papes ? Et dès lors, ne semble-t-il pas qu'il y ait prescription? Une pratique observée sans aucune protestation pendant pins de mille ans a un fondement suffisamment solide.
Mais examinons, cher Monsieur N., ces huit Conciles convoqués par les empereurs romains. Je vous ferai remarquer, en passant, que l'histoire ne leur donne pas à tous ce dernier titre.
Premier Concile de Nicée, premier œcuménique.
Les lettres de convocation sont perdues ; celles qui existent sont apocr}rphes. Eusèbe, grand panégyriste de Constantin, dit bien que le Concile fut convoqué par cet empereur [Vita ConsL, 111,6); maisRufin, son traducteur et son contemporain, ajoute qu'il le fit e sententia sacerdotum (i. I, c. 1), c'est-à-dire après avoir consulté les Ëvèques. Et, en s'adressant à eux, Constantin aurait-il oublié leur Chef, celui auquel il avait donné tant de preuves de sa soumission et de sa munificence? Le Pape Jules P' déclare solennellement, peu de temps après (341)cc qu'an Pape seul appartient le droit d'imposer des canons (xavoW^Ecv) à l'Église universelle ». Le sixième Concile œcuménique convoqué en Orient (et non pas en Occident) et composé en majorité de Pères grecs (et non pas latins) déclare que le premier