LIVRE III, DOCUMENT CCGVIÏ
dans son Constitutum du 14 mai S53. A cette nouvelle, Fempereur et le Concile ne se possèdent plus : ils accusent Vigile de troubler la paix publique par le refus coupable qu'il fait de remplir son ministère. Le Souverain Pontife est obligé de fuir : à cette époque on pouvait fuir. Force fut alors an Concile do modérer ses prétentions, et à Justinien lui-même de changer de ton. Dans ces conditions seulement, on put arriver à un arrangement. Si donc le deuxième Concile de Constantinopleest ap* pelé œcuménique, c'est uniquement parceque, le 23 févrierS34, Vigile dans un nouveau Con5/tV2//2^m l'approuva solennellement.
Troisième Concile de Constantinople^ sixième œcuménique.
Ce fut Constantin Pogonat qui le convoqua, mais après avoir demandé au Pape Agathon d'envoyer des Légats pour le présider en son nom (Hard., t, III, p. 1439). Le Pape choisit ses Légats et leur confia une lettre où il exposait la foi catholique et donnait une règle et une direction aux Pères du Concile. Ces derniers le reconnurent si bien pour leur Chef qu'ils lui répondirent : « Votre lettre nous a permis d'abattre l'hérésie et les hérétiques : ex sententia per sacras vestras litteras de iis prius lata. » (Hard., t. III, p. 1438.) Je vous recommande ce prius.
Second Concile de Nicée^ septième œcuménique,
Irène et son fils Constantin, avant de promulguer l'édit de convocation (août 784), envoient au Pape Adrien I" un message dans lequel ils le prient de ne pas s'opposer à la réunion du Concile et de vouloir bien le présider en personne ou par ses Légats. (Hard., t. IV, p. 21.) Adrien, à propos de ce Concile, pouvait donc écrire à Charlemagne : Et sic synodum istamsecundum nostram ordinationem fecerunt. (Hard., t. IV, p. 818.) Ceci ne me parait pas moins clair.
Quatrième Concile de Constantinoplëy huitième œcuménique.
Basile le Macédonien venait de chasser l'intrus Photius et de rétablir sur son siège le véritable Patriarche, Ignace. Photius
et ses nombreux adhérents forment alors toutes sortes de com* plots. Pour les conjurer, Basile envoie une députation au Pape Nicolas P' pour le prier de permettre la célébration d'un Concile qu'il présiderait dans la personne de ses Légats. Sur ces entrefaites, Nicolas mourait. Ce fut son successeur, Adrien II, qui reçut l'ambassade impériale. Il choisit des représentants et consentit à la convocation du nouveau Concile. (Hard., t. V, p. 768, 766.)
Il «erait superflu de passer en revue les autres Conciles œcuménique tenus en Occident. Tous ont été convoqués par les Papes ; personne n^osera soutenir le contraire. Du reste, Léon X dans le cinquième Concile œcuménique de Latran a porté ce décret : « Au Pape seul appartient le droit sacré e^ absolu de convoquer, transférer ou dissoudre le Concile œcuménique. » (Sess. XI Hardouin, t. XI, p. 1828.)