SÉANCE DU 9 JUILLET
Après une vive discussion, on décide de soumettre ledit projet à Vexa^ men des ateliers maçonniques, A ce moment, il se produit un tel désordre que le président se voit obligé de lever la séance.
L'ordre du jour appelle l'examen de la proposition du F.*. Masse L
Le grand MAITRE ayant annoncé qu'il va demander lavis des bureaux sur cette proposition, le F.-, orateur fait observer que les rapporteurs des neuf bureaux, réunis en commission, ont désigné pour rapporteur unique devant rassemblée le F.*. Colfavru. Le grand mafire donne en conséquence la parole au F.-. Colfavru, qui résume, ainsi qu'il suit, Topinion dt's bureaux :
Le 1" bureau a voté contre, mais avec amendement.
Le 2* a voté contre, avec le même amendement.
Le 3® a donné 11 voix contre, 5 pour, et 7 abstentions.
Le 4® a voté pour.
Le o® a voté pour, en exprimant le vœu que le couvent soit universel.
Le 6® a voté pour.
Le 7*^ a voté pour.
Le 8® a voté pour, avec amendement.
Le 9* a voté contre, par un refus motivé.
Ainsi, dit le F.\ Colfavru, la majorité est acquise à la proposition par cinq avis favorables contre quatre avis opposés.
L'assemblée demandant à connaître le texte des amende* ments, le F.-. Colfavru ajoute :
L'amendement des 1®^ et 2® bureaux consiste à s'en référer à la discrétion du grand maître, et par conséquent à ajourner la proposition.
Dans le 3^ bureau, les sept abstentionnistes désirent, avant de se prononcer, connaître l'opinion de leurs ateliers sur la question.
Le 6® bureau accepte, à la majorité de 11 membres contre 9, la convocation du couvent ; et, à Tunanimité, demande que ce couvent discute la question de Tiustruction.
Le 8® bureau a amendé la proposition en ces termes : Considérant qu'aux termes de F article 40 de la constitution, le grand maître a le droit de provoquer des réunions extraordinaires du Grand Orient, dans des cas spéciaux et importants, propose : L'assemblée confie au grand maître le soin de prendre les mesures nécessaires pour sauvegarder la dignité et les principes de la
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franc-maçonnerie française, notamment en convoquant des réii^ nions extraordinaires à cet effet.
Le 9® bureau a motivé sou refus eu ces termes : Tout en sympathisant avec les idées généreuses contenues dans la proposition du F,'. Massol, le 9^ blireau ne se croit pas autorisé à prendre en considération une demande formée en dehors des règles ordinaires. — Le 9^ bureau ne croit pas tenir de ses commettants le droit de pretidre une détermination sur une question non indiquée par la convocation.
Après ces explications, plusieurs FF.*, demandent que la proposition soit mise aux voix .
Le F.'. Bâtauxe, sur la demande de plusieurs FF.., donne lecture de l'amendement qui a obtenu Tassentiment de plusieurs membres de son bureau. Cet amendement est ainsi conçu : Considérant que la proposition du F,\ Massol, présentée et développée par le Fr, Colfavru^ a pour but unique l'affirmation des principes du droit humain universel qui sont la base et la gloire de la maçonnerie ; considérant que cette affiiination a été faite maintes fois et dans les circonstances les plus solennelles ; que rassemblée, en proclamant, dans cette session même, que tout préjugé, religieux ou autre, outrage la maçonnerie, a fait un nouvel acte d'affirmation de la plus haute importance ; considérant, d'autre part, qu'il ne serait ni opportun ni digne de DEVANCER Î//I événement qiiil est sage d attendre pour t apprécier mûrement ; qiiil serait plus conforme à la raison, à la dignité , à la prudence maçonnique ûT attendre les attaques au lieu de les provoquer; que le temps et le lieu de répondre se produiront ultérieurement; rassemblée renvoie au convent de tannée 1870 le soin de statuer.
Cet amendement provoque de nouveaux cris : Aux voix!
aux voix!
Le grand MAITRE dit : Mes frères, je désire qu'une pareille proposition ne soit pas mise aux voix. Maintenant que je connais l'opinion des bureaux, laissez-moi le temps d'y réfléchir. C'est un devoir que m'imposent mes obligations de grand maître et de maçon. Ayez confiance en moi ; vous me connaissez ;
VOUS savez que vos idées sont les miennes, et que nul n^a plus que moi souci de la grandeur de notre institution. Je crois vous avoir donné des preuves do mon dévouement ; donnezmoi aujourd'hui un témoignage de confiance que je crois mériter, et laissez-moi considérer la proposition du F.-. Colfavru comme un vœu qui aura toute ma sollicitude, soyez-en bien persuadés. Je crains les suites d'un entraînement sur une question née d*hier, à Timpromptu, qui intéresse au plus haut degré la maçonnerie tout entière, sur laquelle les ateliers n'ont pas été consultés, et qui me parait contraire à la constitution. D'autre part, ajoute le grand maître, ne vous exagérez-vous pas l'importance des délibérations du Concile contre la maçonnerie? Il peut ne pas s'en occuper ; et, si elle en fait Tobjet de ses attaques, il convient d'attendre pour les connaître et pour y répondre utilement, s'il y a lieu... {Exclamations diverses,)
Le F.'. RoussELLE demande la parole; elle lui est refusée en attendant le calme ; il proteste alors et demande si le grand maître est un grand maître constitutionnel ou un grand maître absolu. Nous ne voulons pas, dit-il, de pouvoir personnel!... [Interruption et bruit croissant,)
Le F.'. CoLFAVRU obtient la parole après que le calme est rétabli. II rend hommage aux qualités du grand maître, à ses principes, à sa modération; mais il ne trouve rien dans les statuts généraux qui lui donne un pouvoir discrétionnaire; la proposition n'a rien d'inconstitutionnelle, dit-il, elle a été régulièrement renvoyée à l'examen des bureaux; les bureaux ont fait connaître leur avis ; elle doit être discutée ; elle ne renferme rien de séditieux, rien de dangereux, rien qui doive effrayer notre conscience. Elle a pour but l'affirmation positive et solennelle de nos principes, dont la manifestation d'hier doit être considérée comme le prélude.
Un membre. Mais c'est un vœu ; pourquoi ne pas agir comme en matière de vœux?
Le F.-. CoLFAVRU répond par la lecture de l'article 41 de la constitution, portant que le Grand Orient, réuni en assemblée générale, « décide souverainement de toutes les questions qui