‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 6 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCVI · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCVI

intéresse la maçonnerie » ; et par Tarticle 4, qui « prescrit au maçon, en toute circonstauce, d'aider, d'éclairer, de protéger son frère, même au péril de sa vie, et de le défendre contre rinjustice ». Je ne tiens pas, dit-il, à la date du 8 décembre, qui aurait une si grande éloquence ! mais je tiens h établir que la question, qui a été prise en considération, peut être discutée d'ores et déjà ; et je me rallie volontiers, si l'assemblée le juge convenable, au renvoi à la prochaine session pour fixer une autre date, pourvu qu'un vote déclare dès aujourd'hui que le couvent aura lieu. Je demande donc que la question soit mise sous le maillet.

Le grand MÂrrRE dit : Je me rallie moi-même au renvoi au conventdel870, mais avec la condition expresse que la question sera préalablement étudiée par les loges. Jusque-là, je m'oppose à tout' vote qui pourrait engager mon action et être en contradiction avec le sentiment général de la maçonnerie. Mais j'affirme que la question reviendra à l'ordre du jour de la session prochaine. D'ici là, je consulterai les loges; je leur adresserai la proposition, je la mettrai à Tétude dans tous nos ateliers.

Le grand MAITRE ùdjohit propose alors un ordre du jour motivé, ainsi conçu : L'assemblée, recueillant les excellentes paroles du grand maître, passe à l'ordre du jour,

[Cette proposition p?*ovoqu€ les cris les plus tumultueux. De toutes parts on entend : Non ! non ! . . . )

Le grand MAITRE adjoint. Je m'étonnerais que l'assemblée n'eût pas compris mes paroles ; ma proposition signifie que l'assemblée prend acte des excellentes paroles du grand maître, et ne passe à Fordredu jour que sous le bénéfice de cette déclaration.

Le F.*. CoLFAVRU fait observer qu'il y a lieu de diviser la question, et de voter d'abord sur la proposition elle-même; on votera ensuite sur la date de la réunion du couvent ; et, quant à celte date, dit-il. s'il y a impossibilité de la réaliser avant le convent de 1870, je ne m'oppose pas à ce qu'elle soit renvoyée à cette époque.

Plusieurs FF,*, demandent la parole.

Le grand MAITRE répoud qu'il lui est impossible de laisser se

prolonger la discussion, et qu'il croit en cela respecter la constitution. 11 demande la conclusion du F.-, orateur.

L'orateur conclut au renvoi de la proposition à l'étude des ateliers.

Ces conclusions sont mises aux voix et adoptées à une grande majorité. A ce vote succède un grand tumulte.

Le grand maître demande la contre-épreuve.

Le F.-. RoussELLE proteste, et dit qu'on étouffe la discussion.

A cet instant, un tumuUe considérable s'élève dans l'assemblée, et le grand maître, ayant vainement réclamé le silence, déclare la séance levée.

séance du 10 JUILLET.

Déclarations et protestations relatives à la séance précédente.

Le F.-, orateur a la parole. Il donne lecture du document suivant :

« Très chers frères,

« Dans la séance d'hier, des incidents, que nous regrettons tous, ont eu lieu au sein de l'assemblée. Vous en comprenez le danger moral ; vous en pressentez les conséquences pour la dignité de la maçonnerie. Le calme est nécessaire aux grandes réunions. Aujourd'hui, plus que jamais, la conciliation et l'union nous sont indispensables. Elles sont un devoir maçonnique : nous comptons sur votre fraternel concours.

« Les FF.', membres du conseil de l'ordre :

« Signé : Bataille, Babaud-Larivière Bécourt, Brémoxt, Caubet, Cammas, Cauchois, Colfavru, de Saint- Jean, Drouet, Galibert, Grain, Garrisson, Guépin, Hermitte, Josias, Joiiaust, Lézeret de la Mau- RiNiE, Marchal, Meyer, Massol, Oppert, Pernot, Poulle, Portalier, RatieRj Renaud, Rocue, Tordeux, Viénot. »

LIVHE III, DOCUMENT CGVI. il

Il est ensuite donné lecture du procès-verbal de la séance d'hier. Le grand maitre provoque les observations sur sa rédaction.

Le F.-. CoLFAVRU dit qu'il s'est constamment abstenu, dans le cours de la discussion, de prononcer le mot de concile.

Le F.-. HiRscH (Hermann) dit que vingt FF.*, ont signé cl déposé entre les mains du grand maître une demande d'appel nominal pour le vole sur la proposition du F.*. Massol, et qu'il n'en a pas été tenu compte.

Le F.'. RoussELLE explique les motifs de sa prolestatiou; la contre-épreuve n'a pas eu lieu, dil-il, et c'est contre l'irrégularité du vote que j'ai protesté.

Sous le bénéfice de ces observations, le F.', orateur conclut à Tadoption du procès-verbal.

Le procès- verbal est adopté.

Le grand MAITRE déclarc la session close. Il appelle le F.'. Rousselle à l'autel et lui serre affectueusement la main au bruit des acclamations de rassemblée.

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