‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 504 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCCVII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCCVII

morte pour TÉglise universelle. (Hard., 1. 1, 807; Cod, Theod,, I, 3, De fide cath.)

Concile d'Éphèse, troisième œcuménique.

Saint Cyrille, Arcadius cl Projectus, le prêtre Philippe, tous Légats pontificaux, signent les premiers. (Hard.,I,p. 1527.) L'année suivante, Sixte III, successeur de Célestin, approuve le Concile dans plusieurs lettres circulaires. (Mansi, t. X, p. 374.) L'empereur Théodose II, au contraire, trouvant trop dures les décisions prises contre Nestorius, reste longtemps indécis. L'histoire ne nous dit pas même s'il reconnut ce Concile d'une manière formelle et solennelle. Mais il prouva bien qu'il y adhérait et se soumettait à ses décrets, en exilant Nestorius et en ordonnant de brûleries livres de tous ses sectateurs. (Mansi, t. IV, p. 1465 ; t. V, p. 255, 413, 659, 920; Hard., t. II, p. 1666.) Nous voici donc en présence d'un Concile accepté par toute l'Église, orientale et occidentale, et ne recevant cependant de l'autorité civile d'autre confirmation que celle de l'obéissance à ses décrets.

Concile de Chalcédoine, quatrième œcuménique.

Ce Concile nous offre une particularité encore plus remarquable. Les Légats pontificaux signent les décisions (non pas les canons) à mesure qu'elles sont votées. Mais, à la fin des sessions, le Concile envoie les actes à Rome, afin que le Pape Léon leur donne pleine confirmation et autorité (icadav &fxTv tojv •jteirpaYfiiivtovlYvoDpfofXfiv. — Ep. 89, parmi celles de saint Léon). Et TempereurMarcien se joint à eux pour supplier Je Pape de vouloir bien sanctionner les actes conciliaires par une lettre spéciale qui devra être lue dans toutes les Églises, et cela, afin que personne ne puisse ignorer que le Pape a confirmé le Concile, [Epitre 110, parmi celles de saint Léon.) L'Archevêque de Constantinople, Anatole, écrit au Pape : Gestorum vis omnis et confirmatio auctoritati vestrx Beatitudinis fuit reservata. [Ép. 132, parmi

celles de saint Léon.) Le Pape Léon approuve les décrets concernant la foi et les canons, mais rejette le canon XXYIII qui accordait au Patriarche de Constantinople une injuste et périlleuse prééminence; aussi ce canon ne fut-il jamais accepté par rÉglise. (Saint Léon, Ép. 1 1 4.) Le Souverain Pontife charge enfin son représentant à Constantinople d'obtenir de l'empereur que le décret par lequel le Saint-Siège confirme le Concile soit envoyé à tous les Evoques. (Saint Léon. Èp, 117; et Balle- RiNi, t. I, p. 1099, 1182, 1193, 1263.)

Nous voyons donc ici un Concile œcuménique, un empereur, un Archevêque de Constantinople qui demandent au Pape de confirmer les actes du Concile. Lo Pape donne son adhésion à une partie et la refuse à l'autre.

Que dites-vous des faits ci-dessus, Monsieur N... ?

Deuxième Concile de Constantinople, cinquième

œcuménique.

Nous l'avons déjà dit, Justinien voulait faire du Concile un docile instrument ; le Pape Vigile résista. Mais il serait bon d'ajouter deux observations. D'abord, Justinien, abusant de sa toute-puissance et, malheureusement, soutenu par plusieurs Évêques courtisans, s'efforce de mille manières d'arracher son consentement au Pape Vigile. Ensuite, non seulement ce dernier le refuse, mais il prend dans son premier Constituium une décision contraire à celle que veut l'empereur. Le superbe Justinien, qui était si fier des dix titres pompeux dont il faisait précéder ses lois et qui se piquait surtout d'être un savant théologien, avait là une excellente occasion de dire au Pape avec notre monsieur N...: Que m'importe votre consentements Je puis et Je veux, de ma propre autorité, confirmer le Concile. Au lieu de tenir cette conduite, que fait-il? Il menace, il supplie, tantôt il promet, tantôt il fulmine, pour obtenir l'adhésion de Vigile. Le Souverain Pontife reste inébranlable jusqu'à ce que l'empereur lui-même change de conduite. Alors seulement. Vigile confirme le Concile par un décret donné à Eutychius,

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