LIVRE m, DOCUMENT CCCVII
Patriarche de Constanlinople el aussi par un second Constitutum, daté de 554; et de ce jour le Concile devient œcuménique.
Troisième Concile de Constanlinople y sixième œcuménique.
Les Pères ne se contentent pas de la signature des Légats pontificaux, ils demandent encore au Pape, qu'ils appellent caput EcclesicBj au Siège apostolique {prima Sedes Ecclesiée^ œcumemcae)de vouloir bien confirmer lui-même les décrets qu'ils ont portés. (Hard., t. III, p. i632.) Et Léon II, successeur d'Agathon, approuve le Concile par des lettres que nous avons encore et qui sont adressées à l'empereur et aux Ëvèques de l'Espagne. (Hard., t. III, p. i469, 1729 et suiv.)
L'empereur Constantin Pogonat, qui, après tous les Évêques, avait signé les actes du Concile avec cette simple mention : legimus et consensimus (et non pas de/inimus et decernimus) publie aussi un édit pour confirmer le Concile, seulement cet édit ne vient qu'après l'approbation donnée par le Pape. (Hard., t. 111, p. 1436, 1633.)
Second Concile de Nicée, septième œcuménique.
Les Légats du Pape présidèrent ce Concile, qui fut très expressément approuvé par Adrien P'. Le Souverain Pontife n'en demanda nullement la permission à Charlemagne ; il se contenta de lui faire savoir qu'il venait d'approuver le Concile : et ideo istam suscepimus synodum. Les signatures d'Irène et de son fils apposées au bas de ces actes indiquent simplement que l'impératrice est fermement résolue à soutenir de son autorité séculière les nouveaux décrets.
« Charlemagne, d'après vous, convoqua en 787 le concile de Francfort. Il le présida lui-même et, sur le conseil des Évêques assemblés, accepta le canon de Nicée » (p. 29).
Cette affirmation renferme autant d'erreurs que de mots. Le concile de Francfort, célébré en 794, et non en 787, n'accepta pas les canons du second Concile de Nicée, mais les rejeta. Il avait
été induit en erreur par une fausse traduction latine des Actes grecs. « On doit rendre aux images, y lisait-on, le même servitium, la même adoratio qu'à la très sainte Trinité. » Or le texte grec disait juste le contraire, c'est-à-dire, les honneurs suprêmes ne sont dus qu'à la très Sainte-Trinité. Gharlemagne eut, il est vrai, dans ce concile, la présidence d'honneur, mais rappelons-nous le bien : c'était un concile particulier ou plutôt une assemblée mixte, moitié ecclésiastique et moitié civile, composée d'Évêques et de barons, telle qu'il en existait alors en France. En fait, ce fut le Patriarche d'Àquilée, Paulin, qui le présida. Mais puisque vous aimez tant le concile de Francfort, laissez-moi vous recommander les paroles qui terminent ses décrets : Reservato per omnia juris privilegio Summi Pontificisj Domini et Patris nostri Adriani primas Sedis beatissimi Papsd, De plus quand ce Pape eut fait connaître Terreur dans laquelle étaient tombés les Pères au sujet du Concile de Nicéc, Gharlemagne accepta la décision et se soumit.
Quatrième Concile de Constantinople ^ huitième œcuménique.
Les événements qui s'y déroulèrent sont d'une importance capitale. Les Légats pontificaux signent d'abord les actes, Basile le Macédonien et ses fils font de même. Ils apposent leurs noms après ceux des Patriarches, mais avant ceux des Évêques. Néanmoins, les Pères prient Adrien II d'approuver leurs actes par un édit spécial. Que fait Adrien II? Sans se préoccuper aucunement de l'adhésion impériale qui comprend tous les décrets, il approuve le seul Symbole; quant aux canons disciplinaires, il en rejette quelques-uns et fait, sur les autres, de nombreuses réserves. (Hard., t. V, p. 933,938.)
Voilà, Monsieur N..., l'enseignement de l'histoire. Je vous défie de démentir un seul de ces faits. Ils nous montrent combien la confirmation impériale était au-dessous de celle du Souverain Pontife.
Et tout cela se passait dans les huit premiers Conciles œcu* méniques, Conciles tenus en Orient et sous des empereurs qui*